L’Algérie à travers son ministre des affaires étrangères, Ahmed Attaf qui n’est pas seul puisque le premier ministre Nadir Arbaoui l’accompagne mais pas pour les mêmes raisons se veut présente d’une part au sommet des non alignés mais également à celui des 77+Chine qui se tiennent depuis vendredi à Kampala, capitale de l’Ouganda.
Ce sont donc deux réunions importantes de ce qu’on appelle aujourd’hui le sud global qui se tiennent alternativement dans une capitale africaine. La première est consacrée au diagnostic de l’état du monde, non plus examiné par l’occident mais par un conglomérat de pays qui appartenaient jadis au mouvement des non alignés, qui avait perdu ses repères pendant longtemps après la disparition de l’URSS et du bloc soviétique, des pays qui ne voulaient pas prendre partie pour un bloc contre l’autre et qui avaient une appréciation différente de la politique du monde. Après le retour sur la scène du monde de la Russie de Vladimir Poutine et de la Chine de Xi Jinping le non alignement compris cette fois–ci aux thèses de l’occident qui conserve plus que jamais des idées suprématistes est de retour. La presque totalité des pays africains, sud américains auxquels il faut ajouter le sous continent indien s’éloignent de plus en plus de la doctrine occidentale dite du Monde libre. Une thèse perçue par ces pays comme un retour déguisé de l’hégémonisme impérialiste. Avant les pays alignés dont la Chine de Mao Tsé Tung se tenaient à l’écart des deux blocs qui tenaient le monde sous leurs serres. Ils se frayaient donc leur propre chemin qui était déjà hostile aux thèses occidentales. Après la chute de l’Union soviétique l’hégémonisme américain reprit de l’ascendant à tel point que des interventions militaires non fondées et particulièrement illégitimes comme cela a été le cas notamment lors de la seconde guerre contre l’Irak se sont multipliées. Un autre pays l’Afghanistan en a fait les frais, tout comme l’Irak. Cette façon de concevoir la politique mondiale a donné des ailes à un pays comme Israël d’agir comme il l’entend, se sentant appuyé par son protecteur américain soutenu par tous les pays occidentaux. La guerre en Ukraine qui aurait pu n’avoir jamais lieu si ce pays frontalier avec la Fédération de Russie et la Pologne fondamentalement hostile à la Russie et membre de l’OTAN n’avait pas exprimé le souhait de faire partie du monde occidental et devenir lui aussi membre de l’OTAN, c’était la ligne rouge à ne pas franchir, tout comme du coté du Pacifique et de la mer de Chine Taiwan légitimement faisant partie de la Chine continentale ne pouvait elle aussi faire du séparatisme qui caractérise son régime politique en un appel à l’indépendance qui serait en fait un alignement total à l’occident et à ce qu’il représente. La réunion qui se tient actuellement à Kampala est une synthèse du mouvement des non alignés et de ce sud global qui est en train de se construire face à la menace occidentale bien présente et qui ne veut en aucun cas céder un pouce de son hégémonisme planétaire. L’Algérie qui était un membre actif du non alignement déjà bien avant son indépendance puisqu’elle disposait d’un siège à Bandung lors du premier sommet du mouvement a toujours défendu la cause des pays opprimés et avait, pendant un moment, été le fer de lance des mouvements révolutionnaires qui luttaient pour leur indépendance ou contre les régimes à la solde de l’impérialisme américain. Deux causes justes sont toujours malmenées à travers le monde. L’une en Palestine spoliée de ses terres depuis 1967 et l’autre à la frontière sud du Maroc où un territoire fait face à une occupation militaire et de peuplement totalement injustifiée et condamnée énergiquement par l’ONU. Deux pays. Israël et le Maroc que l’Algérie ne ménagera aucunement lors de ses interventions à ce sommet.
