Ahmed Attaf, ministre des affaires étrangères est à Rome participant au sommet Italie –Afrique sur invitation de la première ministre italienne, Georgia Melloni, laquelle a, par téléphone invité le président de la république à assister, Le chef de l’Etat a expliqué à Mme Melloni que son agenda ne le lui permettait pas mais que son ministre des AE le représenterait.
En effet, entretemps, le président Tebboune a reçu le général Burhan, président du conseil de souveraineté de la république du Soudan, venu solliciter la médiation de l’Algérie dans le conflit qui l’oppose à des milices dont on ignore toujours les motivations d’un tel combat. Donc c’est M. Attaf qui représente le chef de l’Etat algérien à ce sommet Italie –Afrique, le premier du genre car c’est traditionnellement la France qui organisait ce genre de rencontre. Ce pays cité étant de plus en plus dévalorisé aux yeux d’un grand nombre de dirigeants africains même parmi les fidèles d’entre les fidèles d’entre eux n’est plus en mesure de convaincre. C’est l’Italie qui a pris la relève de la France et sa présence sur le continent africain ne cesse d’augmenter. Pourquoi l’Italie ? Cette question est plus qu’intéressante car ce pays a depuis longtemps expurgé une réputation ancienne qui lui a collé à la peau des dizaines d’années. C’est ce passé fasciste lié à Mussolini qui, souvenons–nous, martyrisa les peuples libyens et éthiopiens avant l’éclatement de la seconde guerre mondiale. Pendant longtemps l’ex pays du Dictateur italien porta sur lui le fardeau de ces années néfastes. Néanmoins cette Italie du vingtième siècle n’existe plus, celle du troisième millénaire l’a remplacée et bien que l’actuelle première ministre, Mme Melloni est issue d’un courant se réclamant du néofaschisme la realpolitik a pris le dessus de la pensée idéologique et tous les gouvernements italiens qui se sont succédés ces vingt dernières années ont compris que le destin économique des italiens se jouait aussi sur leur présence en Afrique et le pays le plus représentatif de cette nouvelle vision géopolitique italienne est incontestablement l’Algérie. Avec l’Algérie l’Italie a toujours entretenu les meilleurs rapports et cela même avant la proclamation de l’indépendance de l’Algérie. En effet en coulisse les Italiens dont le réputé Enrico Mattei, président de l’ENI la société publique italienne importatrice d’hydrocarbures ont misé sur la fin de la présence française en Algérie et su bien avant d’autres capitales de l’Europe de l’ouest que le recouvrement de la souveraineté nationale algérienne était inévitable. Au lendemain de l’indépendance, le premier gouvernement de l’Algérie indépendante noua une relation d’exception avec l’Italie. La preuve sera fournie trois années plus tard lors du tournage du film «La Bataille d’Alger» par le réalisateur Gillo Pontecorvo et la présentation de ce film qui fit grincer les dents de la France à la Nostra de Venise où il obtint la plus haute distinction, celle du «Lion d’Or». Après la nationalisation du pétrole et du gaz en 1971 le premier contrat signé avec un partenaire étranger hors de la France qui durant quelques mois avait boycotté et appelé au boycott l’achat d’hydrocarbures algériens était l’ENI dirigée encore par Enrico Mattei, ce visionnaire qui avait parié sur l’Algérie à une époque où on ne croyait pas beaucoup au combat libérateur de ce pays. A un certain moment la France reprit le dessus dans ses relations économiques avec l’Algérie à cause de l’importante communauté algérienne vivant en France qui constituait un lien presque ombilical entre les deux pays,. Les relations avec la péninsule italienne ne s’arrêtèrent pas pour autant et d’année en année elles devinrent irremplaçables grâce à la qualité des prestations italiennes, notamment avec l’établissement de contrats de plus en plus fréquents entre les PME Italiennes et leurs consœurs algériennes. Au cours de la période politique dominée par la gouvernance d’Abdelaziz Bouteflika les relations économiques entre les deux pays connurent un essor sans précédent. Après le départ du défunt président, le président Tebboune qui succéda à ce dernier renforça cette expansion relationnelle couronnée par sa visite en Italie où il reçut le meilleur des accueils. Depuis un partenariat d’exception et de grande qualité existe sans relâche entre les deux ays et cette présence algérienne au sommet Italie–Afrique confirme la justesse de vue de la politique italienne concernant l’Afrique. Grace à cette présence l’Italie compte énormément sur l’Algérie pour que cela se concrétise sur le terrain continental.
