Le Plan Mattei dévoile ses contours. A l’occasion des travaux du sommet Italie-Afrique, ce plan économique a été détaillé par les autorités Italiennes et l’Algérie devrait être le seul pays a pouvoir bénéficier de l’aide Italienne dans plusieurs domaines.
En effet, le «plan économique Mattei» orienté vers le continent africain dans plusieurs secteurs, a été annoncé pour la première fois en Algérie en janvier 2023, lors de la visite de la Première ministre Italienne Giorgia Meloni. Ainsi, lors du sommet Italie-Afrique dont les travaux ont débuté ce lundi, le gouvernement italien a dévoilé les détails d’un projet très attendu visant à stimuler le développement en Afrique. Dans ce contexte, Meloni a annoncé que l’Italie réserverait un premier montant de 5,5 milliards d’euros (5,95 milliards de dollars) au plan Mattei, comprenant des garanties publiques pour les projets d’investissement et 3 milliards d’euros provenant d’un fonds climatique créé en 2021 pour promouvoir des projets environnementaux internationaux. Le plan italien sera axé autour de cinq volets principaux : l’éducation et la formation, l’agriculture, la santé, l’eau et l’énergie. En ce qui concerne l’éducation et la formation, le Plan Mattei se concentrera sur des initiatives visant à encourager la formation des enseignants, à adapter les programmes, à introduire de nouveaux cours professionnels adaptés aux exigences du marché du travail, et à collaborer avec les entreprises. Cela implique particulièrement les acteurs italiens et exploite le modèle des petites et moyennes entreprises en Italie, comme le rapportent les médias italiens. En ce qui concerne le deuxième volet, l’agriculture, les actions viseront à réduire les taux de malnutrition, à promouvoir le développement des chaînes d’approvisionnement agroalimentaires, et à soutenir le développement des biocarburants non fossiles. En ce qui concerne le troisième volet, celui de la santé, l’objectif est d’améliorer l’accessibilité et la qualité des services de santé primaires pour les mères et les enfants, et de développer des stratégies et des systèmes pour prévenir et contenir les menaces sanitaires, en mettant particulièrement l’accent sur les pandémies, selon le document. Pour ce qui est de l’énergie, ce secteur joue un rôle central dans le plan. L’objectif est de faire de l’Italie un hub énergétique, agissant comme un véritable pont entre l’Europe et l’Afrique. Enfin, en ce qui concerne l’eau, les initiatives engloberont le forage de puits alimentés par des systèmes photovoltaïques, l’entretien des points d’eau existants, des investissements dans les réseaux de distribution, et des activités de sensibilisation à l’utilisation d’eau propre et potable. En ce qui concerne l’Algérie, Meloni a annoncé qu’elle bénéficierait d’un important projet de développement agricole reposant sur la mise en place d’un système de surveillance par satellite pour suivre l’évolution des différentes cultures, de la préparation des terres à la récolte. Dans le domaine agricole, un document antérieur de l’Association Coldiretti, le plus grand regroupement professionnel d’agriculteurs en Italie, mentionne que l’Algérie est intégrée dans un vaste projet de production de céréales sur de vastes étendues, utilisant les dernières technologies dans le cadre du projet « Mattei ». Ce projet a pour objectif de cultiver 10 000 hectares pour la production céréalière, en collaboration avec Bonifiche Ferraresi, une entreprise spécialisée dans la production agricole, cotée à la Bourse de Milan. En juin 2023, cette entreprise a obtenu un contrat de concession définitive en Algérie pour exploiter initialement 900 hectares dans le sud du pays, conformément à un accord préalable entre les deux pays visant à soutenir ce gisement et à augmenter la production locale. Dans le secteur énergétique, l’Algérie est considérée comme la pièce maîtresse de ce vaste projet, que ce soit dans les domaines du gaz naturel, de l’hydrogène ou de l’électricité. Ainsi, le projet italien vise à positionner l’Italie en tant que centre énergétique méditerranéen et européen, en mettant l’accent sur l’approvisionnement en gaz, notamment en provenance de l’Algérie, premier fournisseur de cette ressource énergétique pour l’Italie. Cela s’effectue à travers le gazoduc « Transmed-Enrico Mattei », établissant une liaison entre les deux pays via la Tunisie. Une composante essentielle du projet englobe également le développement du deuxième corridor sud de l’hydrogène. Celui-ci a pour objectif de transporter cette ressource énergétique propre depuis l’Algérie et l’Afrique du Nord en général, passant par l’Italie, puis l’Autriche, jusqu’en Allemagne.
D’Alger : Kheireddine BOUKHALFA
