Dans le cadre de la prochaine visite en France du président Tebboune dont la date n’a toujours pas été fixée mais dont on dit qu’elle ne va pas tarder, d’intenses préparatifs entourant cette visite, la première qu’effectuera l’actuel chef de l’Etat, sensée marquer les esprits de tous les indécis se trouvant des deux cotés de la Méditerranée.
Ainsi nous apprenons qu’une rencontre entre le président du CREA (conseil du renouveau économique algérien) Kamel Moula et le président du MEDEF (mouvement des entreprises de France) Patrick Martin, nouvellement élu pour diriger cette instance a eu lieu hier lundi à Paris. L’objet de cette rencontre concerne la mise en place d’un conseil d’affaires Algérie France (CAAF) dont l’installation officielle interviendra avant l’entame de la visite du président algérien en France. Les deux instances patronales veulent accélérer le mouvement et déblayer le terrain pour établir une feuille de route qui guidera les entreprises des deux pays dans leur effort de dynamiser un partenariat économique qui tarde à se mettre en place alors que cela aurait du être le cas depuis ces trois dernières années comme prévu lors de la visite d’Emmanuel Macron en Algérie et la signature de la déclaration d’Alger. Le retard est significatif surtout coté français car coté algérien des pays comme La Chine, l’Italie, la Turquie et l’Espagne qui ambitionne de faire un retour en force se bousculent pour signer des accords de partenariat mutuellement bénéfiques. Le MEDEF a compris l’enjeu de cette course aux investissements et veut coûte que coûte y participer. L’organisation patronale française a jusqu’à présent misé sur des chevaux boiteux comme le Maroc et dans une moindre mesure la Tunisie. Or ces pays connaissent des difficultés économiques difficilement surmontables. Ce n’est pas du tout le cas de l’Algérie dont la croissance économique ne cesse d’augmenter et qui est devenue le pays le plus attractif du continent africain grâce aux réformes audacieuses que l’Etat nouveau dirigé par un président éclairé qui a compris que l’ouverture de l’Algérie à l’extérieur est devenue une nécessité impérieuse. Les investissements étrangers directs ou indirects ne connaissent plus aucune restriction. Leur garantie par des lois a créé une impulsion extraordinaire. Par ailleurs l’appréciation positive donnée par les institutions monétaires internationales à l’Algérie dont le taux d’endettement extérieur est parmi les plus infimes au monde créditent cet attrait exceptionnel qu’ont aujourd’hui des grandes entreprises mondiales chinoises en particulier ou des PME des pays comme l’Italie, la Turquie, l’Espagne et le Portugal. Doit –on ajouter un intérêt d’un pays jusqu’ici absent, les Etats–Unis, lesquels malgré les divergences politiques qui séparent les deux pays ont mis de coté celles-ci car ils ont pris conscience que ce grand pays d’Afrique du nord qu’est l’Algérie est en passe de devenir dans les dix prochaines années la première puissance économique du continent africain . Alors dans le calcul outre–atlantique c’est le moment d’y aller. Et la France dans tout cela ? Que de temps perdu ? Que d’occasions manquées ? Tout cela à cause de cet acharnement à renoncer à une tutelle encombrante que la France a toujours envisagé de garder intacte et que les Algériens ont toujours refusé. Cette fameuse chasse gardée de la France a volé en éclats et ce pays se trouve aujourd’hui en sixième position dans le classement des investisseurs étrangers présents en Algérie. Abdelmadjid Tebboune qui a pris en sympathie Emmanuel Macron tend aujourd’hui la perche à ce dernier lui faisant comprendre qu’il faut remettre les compteurs à zéro et les réenclencher à nouveau mais de manière concrète et sérieuse car cette fois –ci c’est pour ainsi dire la bonne, autant la saisir, le MEDEF a-t-il compris ce qui est en train de se passer de l’autre coté de la Méditerranée ?
