Les prix de la viande rouge locale et ceux du poulet donnent le vertige et on n’arrive toujours pas à en expliquer la raison. Il y a une dizaine de jours ces mêmes prix avaient pourtant connu une baisse surtout pour la viande de bœuf. Le prix affiché était de 1600 dinars et même de1400 dinars et voila qu’à deux jours du mois sacré il affiche une hausse de 600 dinars et même plus. Quant au poulet qui avait baissé très légèrement son prix grimpe et quelle grimpette !
Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures pour comprendre la raison d’une telle augmentation d’un produit que les algériens se sentent obligés de consommer car c’est le Ramadan. Cette raison a un nom: Spéculation. Les commerçants de la viande qu’elle soit rouge ou blanche veulent s’en mettre plein la poche. Ils se fichent comme d’une guigne de ceux qui ne peuvent pas se payer cette viande pour agrémenter le repas du f’tour. Il se trouve malheureusement qu’ils sont très nombreux à ne pas se permettre d’acheter non pas un kilo mais seulement 250 grammes de ce précieux produit qu’on peut assimiler au fameux caviar que les européens achètent durant les fêtes de fin d’année. Eh oui ! Nous sommes arrivés à ce stade là. Ces commerçants qui se cachent derrière un prétexte fallacieux, expliquant que ce sont les éleveurs de bétail qui sont derrière cette hausse des prix fait réagir ces derniers qui démentent catégoriquement une telle allégation et expliquent quant à eux que ce sont les maquignons qui prélèvent une part substantielle du prix à l’achat consenti par les éleveurs. Les maquignons à leur tour se défendent en expliquant que le transport de bêtes coûte les yeux de la tête. Les bouchers, quant à eux, additionnent à leur manière tout cela et ajoutent les prix de l’abattage, les impôts, la consommation électrique etc.…, ce qui leur procure, selon eux, la manière de trouver leur marge bénéficiaire. Alors qui croire dans tout cet embrouillamini? Chacun a finalement raison mais au final c’est le consommateur qui est le dindon de la farce car toutes ces explications sont de la poudre aux yeux. En effet on ne comprend pas à travers l’exemple que nous avons cité pus haut comment, en l’espace de quelques jours, le kilo de bœuf affiché à 1600 dinars, voire à 1400 dinars puisse ainsi monter brusquement en flèche et s’affiche aujourd’hui à 1800, 2000 et tenons–nous bien à 2400 dinars le kilo? Quelle réponse convaincante espérons–nous obtenir? Il y a fort à craindre qu’il n’y en aura aucune. En fait pour les bouchers et volaillers et nous parlons des détaillants c’est le mois où on réalise le meilleur chiffre d’affaires de l’année mais aussi et surtout ce sont ces trente ou vingt neuf jours où on réalise le maximum de bénéfices, quitte à saigner à blanc toute cette population qui arrive à peine à joindre les deux bouts. Ces bouchers et volaillers se prétendent croyants et bons musulmans. Ils prient régulièrement à la mosquée, entendent les prêches de l’imam qui les interpellent souvent et fait appel à leur mansuétude. Il leur demande en outre que durant ce mois sacré ils doivent penser à leurs frères en religion les plus démunis, non pas en faisant l’aumône mai en leur permettant de manger cette viande qu’ils consomment un mois par an. Il se trouve malheureusement que ces bonnes paroles entrent dans une oreille et sortent par l’autre.
