C’est donc fixé, la visite du président Tebboune en France aura lieu au mois de septembre prochain, autrement dit après la clôture des JO de Paris. Les deux chefs d’Etat s’entretiennent régulièrement par téléphone. En fait c’est surtout le président français qui appelle le plus son homologue algérien. Il ne fait pas de doute que le courant passe très bien entre les deux présidents. Cette visite longuement annoncée sera incontestablement un évènement.
C’est un président français qui agit sur plusieurs fronts à la fois dont les démarches sont controversées aussi bien en France qu’à l’étranger, particulièrement en Allemagne à propos de sa position tranchée concernant l’Ukraine qui est loin de faire l’unanimité chez lui ou dans une bonne partie de l’Europe. Il reste quand même à Emmanuel Macron trois ans pour faire ce qu’il a toujours eu envie de faire, ce n’est pas négligeable du tout et à propos de l’Algérie il veut manifestement rattraper le temps perdu car il y en a eu du temps perdu depuis son voyage officiel en Algérie couronné de succès et scellé par une mémorandum des plus optimistes celui d’une déclaration signée solennellement par les deux présidents. Une déclaration qui envisageait un partenariat d’exception entre la France et l’Algérie. Son contenu prévoyait un resserrement des liens sur le plan culturel, une présence plus accrue et visible des entreprises françaises et surtout le règlement définitif de la question mémorielle. A part ce dernier créneau qui fonctionne normalement puisque les délégations des deux pays se rencontrent régulièrement et affichent leur contentement sur l’avancement réciproque de leurs travaux, l’aspect culturel dont on attendait des résultats concrets et heureux semble marquer le pas. On ne voit toujours pas sur le terrain cet encouragement de la France envers les artistes algériens et des étudiants post gradués. C’est évidemment du coté français que cela coince à cause des pressions qui font tout pour que les artistes algériens dont le talent est presque méconnu en France. L’autre frein à ce partenariat d’exception concerne le volet économique. Là c’est évident la France qui est en queue de peloton. Elle est très largement devancée par la Chine, l’Italie et la Turquie. Par ailleurs grâce à la libéralisation de l’investissement des pays comme la Corée du sud et l’Allemagne sont de plus en plus intéressés par leur présence en Algérie. Par ailleurs et dans le domaine de l’industrie automobile dont l’Algérie y tient particulièrement l’exemple de l’échec de la France à travers son usine de montage Renault représente une indéniable faiblesse de la participation économique française en Algérie. Dans le domaine du gaz naturel dont l’Algérie possède d’énormes ressources ainsi que des infrastructures pouvant liquéfier ce produit l’Italie a emporté le pactole et sera sans doute ce pays européen qui permettra à l’Allemagne et aux pays de l‘est européen de bénéficier du gaz naturel algérien et africain via le trans-gaz africain qui traversera pratiquement la moitié du continent pour déboucher vers l’Algérie, laquelle permettra à l’Italie d’être un fournisseur important du gaz dans le vieux continent. Tout cela n’a pas échappé à Emmanuel Macron qui veut à tout prix renouer le contact avec cette Algérie souveraine mais riche. Il reste au président français beaucoup à faire dans ce domaine, à commencer par demander à ces entreprises du CAQ 40 d’investir en Algérie, elles qui étaient fortement présentes en Russie avant la guerre en Ukraine. Jusqu’ici quelques unes d’entre elles privilégiaient le Maroc dont la situation économique présente des défectuosités évidentes. Elles devront faire un choix dépourvu de sentiment celui de cette Algérie qui s’ouvre au monde et dont les institutions financières mondiales prédisent sa montée en puissance dans les trois ou quatre années qui viennent. Emmanuel Macron sait pertinemment bien que s’il veut gagner la confiance des Algériens il doit avant tout privilégier l’Algérie. C’est cela ou un retour à la case départ dont la France sera évidemment perdante. Le prochain voyage du président algérien confirmera ou infirmera une telle équation.
