La délégation de l’Union européenne s’est rendue compte du changement radical opéré en Algérie. Un pays en pleine croissance économique gouverné par des hommes intègres guidés par un chef d’Etat qui ne nourrit aucune ambition personnelle sauf celle de servir son pays et le peuple en le faisant émerger au sein des nations aspirant au bien être et au progrès.
Entre la délégation européenne et la délégation algérienne, les deux réunies autour de la table des négociations c’est le langage de vérité qui a été choisi et privilégié des deux cotés. Plus question de tourner autour du pot comme on le faisait auparavant où on concluait tout accord par un communiqué dont les termes sont éloquents mais jamais suivis d’effet. Ce jeu diplomatique opéré depuis plus de quinze ans n’a servi à rien. La délégation européenne qui vient de se déplacer à Alger s’est rendue compte que ceux qui sont en face d’elle maitrisent parfaitement les techniques de la négociation. D’emblée ils ont parlé de révision de l’accord d’association conclu entre l’union européenne et l’Algérie en 2005. Documents à l’appui les experts algériens ont démontré à leurs interlocuteurs européens l’inégalité des échanges commerciaux qui existe depuis dix sept ans et qui n’a jamais été corrigée, ne serait –ce qu’à minima. Durant toute cette longue période sanctionnée par des visites périodiques à Bruxelles et à Alger aucun progrès dans les discussions qui eurent lieu n’a été opéré. Les européens remettaient toujours à plus tard les discussions exigées par les Algériens concernant la révision de certains articles de l’accord d’association signé en 2005. Il a fallu l’intervention russe en Ukraine et tout ce qui s’est ensuivi après, particulièrement en ce qui concerne la sanction de l’UE de ne plus importer de pétrole et de gaz russe pour que le regard de l’UE se retourne vers l’Algérie. Les européens du sud et même géographiquement au-delà ont alors saisi l’importance que représente l’Algérie en terme énergétique. C’est ce qui a d’ailleurs motivé la visite de Josep Borell à Alger. Ce dernier reçu par le président algérien et son premier ministre a vite compris que cette Algérie qu’il ne connaissait pas vraiment et dont on dénaturait souvent les capacités et la maitrise de toutes les situations auxquelles elle fait face n’est pas celle qu’on lui avait décrite avant son déplacement à Alger Le président Tebboune a suggéré à son interlocuteur européen de jouer cartes sur table à propos de tout et pas seulement de ce gaz naturel dont l’Europe en a besoin. Ce tout veut également suggérer cette nécessaire révision de l’accord de 2005 préjudiciable aux intérêts de l’Algérie. Le président algérien a ensuite expliqué à M.Borell que cette Algérie nouvelle qui est en chantier n’exclut ni ne particularise aucune organisation inter étatique (allusion à l’UE et aux Brics). S’agissant d’association avec l’Europe le président algérien a été on ne peut plus clair à ce sujet. Il a dit à M Borell que l’accord de 2005 doit être considéré comme caduc et qu’une révision dans la forme aussi bien que dans le fond doit être établie si l’UE éprouve réellement l’envie de s’associer avec l’Algérie. Cette dernière visite de l’importante délégation européenne en Algérie qui est encore sur place et qui prospecte le terrain est en elle-même une réponse. Es–ce que ce sera celle attendue depuis dix sept ans par l’Algérie, on le saura dans les jours qui vont suivre.
