Lors de sa conférence de presse qu’il a tenue mardi dernier au siège du ministère des affaires étrangères., Ahmed Attaf a précisé que l’affaire de la confiscation des biens de l’ambassade d’Algérie par le Maroc est désormais close car le recours déposé par l’Algérie a finalement été jugé approprié par les autorités marocaines. A une question relative à l’avenir de l’UMA le ministre a souligné qu’il est possible de passer outre le blocage marocain.
Cette construction mythique d’un Maghreb à trois: Maroc –Algérie –Tunisie, a toujours été semée d’embuches à cause du dossier sahraoui. Après une pause opérée sous la présidence de Chadli Bendjedid faisant suite à un état de guerre larvé sous la présidence Boumediene on présageait à Alger et à Rabat un retour à une normalité des relations entre les deux pays. Il y a même eu un tracé définitif des frontières entre les deux pays et la reconnaissance par le Maroc de la souveraineté territoriale algérienne de Tindouf, objet d’un litige datant de 1963. En signant ce traité de la reconnaissance des frontières établies par la France alors puissance occupante de l’Algérie le Maroc de Hassan Deux espérait en retour une réciprocité laquelle pour lui signifiait la reconnaissance par l’Algérie de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental qui avait été unilatéralement annexé en 1975. Selon des observateurs de l’époque, Hassan deux aurait proposé au président défunt Houari Boumedienne un couloir territorial menant à l’Atlantique qui serait totalement sous la souveraineté de l’Algérie. La réponse algérienne était sans fioriture, c’est non ! Car l’Algérie estimait et c’est toujours le cas que cette affaire du Sahara occidental était et demeure un dossier de décolonisation et que la seule issue consistait à demander leur avis aux sahraouis en organisant un referendum d’autodétermination. Un autre pays que l’Algérie aurait peut être accepté un tel marchandage, surement pas l’Algérie dont on connait les principes immuables. Après cet épisode le dossier de l’UMA qui au cours de la pause diplomatique et la reprise des relations en dents de scie entre les deux pays voisins avait laissé espérer une avancée dans la construction de l’édifice maghrébin entama un arrêt provoqué par une indifférence marquée du voisin de l’ouest de l’Algérie mais aussi de l’est. Pourtant l’Algérie faisait tout son possible pour séparer la question du Sahara occidental de celle de l’édification d’un grand Maghreb arabe. Evidemment le Makhzen ne l’entendait pas de cette oreille. La Tunisie de son coté n’a jamais été chaude sur cette affaire de construction maghrébine. Ni Bourguiba, ni Ben Ali n’avaient pour ainsi dire le vent en poupe. Très liée à la France la Tunisie dirigée par ces deux chefs d’Etat se méfiait de son voisin du centre. Bien sur la position de ce pays a changé depuis l’arrivée au pouvoir de Kais Saied qui entretient avec le président Tebboune une relation des plus amicales doublée d’une vision commune au sujet de l’édification d’un ensemble maghrébin. Sachant bien que la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc et l’état d’hostilité permanente entretenu par la monarchie contre l’Algérie, parler à nouveau ou même envisager l’édification d’une union maghrébine ressemblant à quelque nuance près à celle de l’union européenne est tout simplement inenvisageable. Cela ne veut pas dire pour autant que cette UMA Sans le Maroc n’est pas du domaine du possible. C’est ce qu’a laissé entendre Ahmed Attaf en pensant sans doute à une union: Algérie–Mauritanie-Tunisie. On aurait intégré la Libye si ce pays n’était pas divisé en deux régions se trouvant dans un état de belligérance permanent. L’idée est donc lancée d’un Maghreb à trois sans le Maroc. Elle n’est pas encore sur la table mais elle le sera sans doute après l’élection présidentielle du 7 septembre prochain, si bien sur l’actuel président est reconduit dans ses fonctions, ce que tout le monde espère et particulièrement les concernés.
