La représentation des Etats à l’ONU : Andorre, Monaco, Brunei mais pas la Palestine

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C’est la grande bizarrerie de l’organisation des nations unies et cela fait mal  au cœur. Des territoires géographiquement minuscules qui n’ont pas de passé historique ont une représentation entière au sein de l’ONU. C‘est le cas des principautés d’Andorre, de Monaco, mais aussi du duché du Luxembourg et du sultanat de Brunei. La Palestine qui avait  pourtant bénéficié  de son statut d’Etat en 1947, lors du partage de ce pays en deux  est toujours spoliée de sa représentation au sein des nations du monde. 

 C’est sans doute pour cela qu’un grand nombre d’historiens, d’essayistes  de politologues hors normes continuent de dire que l’ONU  fondée juste après la fin de la seconde guerre mondiale est une complication  juridique qui a besoin d’être réajustée selon les principes du droit universel. Cette organisation  qui avait été créée par les grands vainqueurs de l’Allemagne nazie et du Japon impérial autrement dit les Etats–Unis , l’URSS, la Grande Bretagne, la Chine nationaliste et en dernier la France sur insistance de Winston Churchill  ne devait en aucun cas ressembler à cette Société des Nations (SDN) créée juste après la fin de la première guerre mondiale et qui n’était finalement qu’une caisse de résonnance vide. Les membres fondateurs de l’ONU  se sont alors octroyé arbitrairement les sièges de membres permanents d’une instance spéciale désignée sous le terme de Conseil de sécurité, instance qui a toujours fait la pluie et le beau temps au sein, de l’organisation grâce notamment au droit de véto dont sont dotés les cinq membres permanents. Il suffit que l’un deux dise non à une résolution pour que celle–ci devienne immédiatement caduque. Dès sa création l’ONU  ne comptait qu’une cinquantaine d’Etats. On était bien loin du comptage d’aujourd’hui qui frôle les deux cent Etats. Ces Etats étaient déclarés souverains même si géographiquement ils étaient minuscules. Ainsi la principauté d’Andorre située à la lisière de la France et de l’Espagne juchée sur la chaine montagneuse des Pyrénées dont le territoire comptait à peine des dizaines de mètres carrés avait bénéficié d’une représentation d’Etat au sein de l’ONU et son drapeau flotte sur les poteaux du parvis du palais de verre de New York. Il en va de même pour la principauté de Monaco, juchée sur un rocher et étant séparée de la ville française de Nice  par un mince tracé frontalier représenté par le quartier de Monté Carlo. Cette principauté est un Etat reconnu et un drapeau qui flotte au siège de l’ONU. Parmi les Etats arabes qui faisaient partie du lot des Etats membres de l’organisation  on comptait l’Irak, La Jordanie, la Syrie, le Liban qui venait à peine d’être reconnu comme Etat, l’Egypte du roi Farouk et la Libye du roi Senoussi premier. La Palestine qui était sous mandat britannique fut alors partagée en deux: Un Etat juif qui prenait le nom d’Israël et un Etat arabe peuplé de palestiniens. Ce partage dénoncé à l’époque par les Etats arabes déclencha une guerre entre ce qui devait être seulement un foyer national juif et l’Irak, la Jordanie (qui englobait alors la Cisjordanie) et l’Egypte. Après  des combats  qui ne durèrent que quelques semaine les Etats arabes qui furent battues et humiliés  mirent fin à la confrontation laissant l’entité sioniste agir à sa guise contre la population palestinienne dont une partie fut chassée de cette Palestine à cause du lâchage arabe. L’ONU aurait du intervenir à l’époque et imposer le retour de ces palestiniens chez eux mais surtout, aidée en cela par la force de ses résolutions tracer définitivement la frontière entre cet Etat juif et l’Etat de Palestine arabe. Cela n’a pas été fait et pourtant une année auparavant l’ONU  y compris les cinq membres permanents s’étaient mis d’accord pour la solution à deux Etats, l’un arabe, l’autre juif et un statut particulier concernant  Jérusalem qui devait être gérée selon des critères religieux par la Jordanie. Un tel statut existe toujours même si l’histoire de ces dernières années et particulièrement après juin 1967 en avait décidé autrement. En clair l’ONU  est tout à fat dans son droit et même l’obligation de  déclarer unilatéralement l’existence d’un Etat palestinien sur la base du partage de1947. Aucun droit de véto ne pourra s’y opposer car on parle là de l’application du droit international fixé par la charte des nations unies, signée pour rappel,  deux années seulement avant la résolution votée à l’unanimité d’un partage de la Palestine en deux Etats. Les Palestiniens qui pourtant connaissent le problème mieux que quiconque ne devraient-ils pas  relancer  le problème du statut qu’ils ont acquis  77ans auparavant auprès des nations unies demandant à la Cour internationale de Justice de rouvrir le dossier du statut de 1947 qui n’a jamais été classé ?

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