Premier mai 1963 /Premier mai 2024 Un parcours laborieux

0
104

61 ans nous séparent du premier mai de l’indépendance. C’était un 1er mai de l’espérance. Le  pays pansait les blessures d’une guerre de huit ans et un pays dévasté. Soixante ans se sont passés et beaucoup de choses ont été faites. Certaines valaient le coup, d’autres franchement sont passées  à coté et enfin ces toutes dernières années pleines de promesses.

On eut dire avec certitude que ce qui a été réalisé a cours de ces presque cinq dernières années a corrigé toutes les erreurs qui ont été faites durant ces plus de soixante ans d’indépendance. Et des erreurs il y en a eu non parce que les dirigeants de l’époque en étaient responsables mais parce que le contexte géopolitique de l’époque l’exigeait. Le monde était séparé idéologiquement par deux visions diamétralement opposées, l’une capitaliste l’autre socialiste. Il y avait néanmoins un entre deux et c’est dans cet espace que nous nous étions installés, autrement dit ni totalement socialistes ni capitalistes mais quelque chose qui s’apparentait à un nationalisme social. Souverainistes avant tout mais avec un brin de vision égalitaire. Cela ne faisait pas forcément bon ménage et cela créait de la confusion surtout dans le domaine économique où les choix fixés par les dirigeants post indépendance  se faisaient dans l’approximation. Il n’y avait aucune logique guidant ces choix. Il y avait plutôt une grande dose de populisme dans les prises de décision et cela nuisait considérablement à l’avancée économique du pays. Les grandes messes du 1er mai  des classes dites laborieuses selon la terminologie politique de l’époque étaient surtout pompeuses et non efficaces sur le plan strictement économique mais cela ne se voyait pas du coté populaire car il y avait cette sacrée rente pétrolière qui maintenait un système politique basé sur  un boniment celui de la répartition des richesses. Or rien de cela n’était vrai. En fait la rente pétrolière servait certes et en priorité à doter le pays d’infrastructures économiques clés en mains  dépourvues de compétences internes et toujours dépendantes des fournisseurs et s’il faut ajouter en plus une politique sociale visant un plein emploi fictif grâce à l’argent de cette rente nous obtenons un gaspillage effarant de nos réserves financières. C’est ce qui s’était passé au cours de la moitié de la décennie quatre vingt lorsque les cours du pétrole et du gaz avaient opéré une baisse spectaculaire. Le système basé sur les dividendes de la rente montra alors ses limites et révéla son inefficacité. Les premières secousses telluriques le concernant eurent lieu en 1988 et depuis cette date ce système ne s’en releva pas. Nous connaissons la suite, une suite qui donna naissance à cette terrible décennie noire. Après cette période douloureuse un semblant d’espoir naquit dans le pays mais on ne retint pas la leçon du passé et de ses échecs consécutifs. Pendant vingt ans on fonça tous azimuts sans fixer de cap, certes cela donna quelques résultats à cours desquels le peuple était content car grâce encore  et toujours à la rente provenant des hydrocarbures on le « chouchoutait » alors qu’on ne voyait pas cette catastrophe qui s’annonçait et laquelle, brutalement en 2014 mit fin à l’état de grâce. Le réveil fut brutal et on comprit mais c’était trop tard qu’on avait fait tout faux. Les années de vache maigre se  sont succédées provoquant cette grandiose perte de confiance du peuple envers ses dirigeants de l’époque. Il fallut le Tsunami du Hirak pour qu’un nettoyage  intervienne et mette fin à l’approximation qui a toujours prévalu pendant des décennies. C’est à compter du début de 2020  qu’on a commencé  enfin à  avoir une vision réaliste des choses et des évènements en parlant vrai et en ne faisant plus de fausses promesses et cette année, celle qui est en cours, prévoit enfin ce qui aurait du être fait pendant longtemps.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici