Les phares historiques de la côte de Skikda Gardiens de l’histoire ancienne

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La côte de Skikda, riche en histoire millénaire, est parsemée de vestiges témoignant de son passé phénicien, punique et romain. Parmi ces témoins du temps, les phares jouent un rôle emblématique, guidant les marins depuis des siècles à travers les eaux tumultueuses de la Méditerranée. De Collo à Serdjina, en passant par Stora et le phare rouge du port de Skikda, ces structures historiques racontent une histoire fascinante.

Au temps des Phéniciens, la ville portait le nom de Tapsus, du nom du fleuve voisin qui serpentait entre les collines de Beni-Melek et de Skikda. Plus tard, durant l’ère punique, Rusicada, « le cap du phare », succéda à Tapsus, laissant derrière elle un héritage profondément enraciné dans l’histoire. L’empreinte romaine fut indéniable, avec la colonie romaine de Venus Rusicade et les vestiges de son théâtre, le plus grand découvert en Algérie. Les légions françaises, marchant sur les pas de l’illustre Légion III Augusta, redécouvrirent la cité et son port, Astorah. L’arrivée des Français en 1830 marque un tournant décisif. Sous le commandement du général Sylvain-Charles Valée, l’antique Rusicada devient la pacifique Fort de France, bientôt rebaptisée Philippeville par décret royal. Les travaux d’urbanisation et d’infrastructure transforment rapidement la région, malgré des défis sanitaires considérables. Les efforts de colonisation et de construction se multiplient, marqués par l’établissement de fortifications, de casernes, et même d’un hôpital. Si l’histoire de la région est riche en événements, les phares qui jalonnent ses côtes ne sont pas en reste. Le phare de l’île Srigina, érigé en 1847 puis rénové en 1906, représente un symbole de sécurité pour les marins naviguant dans les eaux tumultueuses de Skikda. Surplombant l’île, sa structure imposante offre un guide fiable aux navires accostant au port de Skikda. L’évolution des phares en Algérie reflète l’avancement technologique et les progrès de la navigation maritime. Des fanaux rudimentaires des premières années de la colonisation aux phares modernes électrifiés, ces structures ont su s’adapter aux besoins changeants des navigateurs. Aujourd’hui, les phares de Skikda continuent de veiller silencieusement sur les eaux, témoins immuables d’une histoire mouvementée et d’une évolution constante. Les phares de la côte de Skikda ne sont pas seulement des guides maritimes, mais aussi des gardiens de l’histoire ancienne. Leurs structures imposantes rappellent aux voyageurs d’aujourd’hui les péripéties des explorateurs d’autrefois, tout en symbolisant la résilience et la persévérance des communautés qui ont façonné cette région au fil des siècles.

Par Mohamed Tahar Aissani

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