Histoire en marche: Des députés français luttent pour la reconnaissance française des massacres du 8 Mai 1945

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Le 8 mai est un jour contrasté en France et en Algérie. En France, c’est une journée de célébration marquant la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie en 1945, symbole de la libération de l’Europe. Mais en Algérie, c’est un jour de deuil rappelant le massacre de 45.000 Algériens, perpétré par la France coloniale, alors en fête.

En effet, malgré quelques gestes symboliques, comme la reconnaissance par Emmanuel Macron de la répression coloniale, la France peine à reconnaître pleinement sa responsabilité dans ces atrocités. Le Président de la république, Abdelmadjid Tebboune, a souligné dans son dernier discours l’importance de la mémoire nationale et a appelé à un traitement juste et objectif de l’histoire, refusant ainsi tout compromis sur ce dossier. Pourtant, en France, l’émergence de l’extrême droite renforce le révisionnisme et l’oubli des crimes coloniaux, favorisant même les nostalgiques de l’Algérie française. Face à cette triste réalité, quatre parlementaires français de la Nupes (Nouvelle Union Populaire Écologiste et Sociale) ont annoncé mercredi dernier, la création d’un groupe de travail visant à obtenir la reconnaissance officielle des massacres du 8 mai 1945 en Algérie par la France. Leur objectif principal est de déposer une proposition de loi commune début 2025 à cet effet. Ce groupe, composé de Sabrina Sebaihi, Elsa Faucillon, Fatiha Keloua Hachi et Danielle Simonnet, souhaite également faciliter l’accès des historiens aux archives sur ces événements pour faire progresser la recherche historique et intégrer ces épisodes sombres dans les programmes éducatifs, afin que les générations futures en aient connaissance. Ces quatre députés de gauche, incluant deux personnes d’origine algérienne, aspirent à déposer une proposition de loi dès le début de l’année 2025, visant à obtenir la reconnaissance des massacres du 8 mai 1945 par la France. Il convient de noter que Sabrina Sebaihi, l’un des membres du groupe, avait déjà été à l’origine de la résolution condamnant les massacres du 17 octobre 1961, qui a été adoptée le 28 mars dernier par l’Assemblée nationale française.

Par Kheireddine Boukhalfa

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