L’Algérie surpasse le Maroc dans la production de blé. Notre pays est en deuxième position en Afrique du nord. C’est encore l’Egypte qui détient la première place. Une bonne pluviométrie et un encouragement par l’Etat des céréaliers pour relever le défi de cet or alimentaire ont permis un bond de 11% .
La campagne labour-semailles 2924/2025 prévoit une production céréalière de3 millions de tonnes. C’est inédit ! Jamais nous n’avions atteint un tel volume. A l’inverse le Maroc qui affichait sa fierté d’être le second producteur de cette partie nord de l’Afrique passe à la troisième place et cela enrage le Makhzen. A telle enseigne que la chaine Medi 1 marocaine s’est totalement ridiculisée en affirmant sans en apporter la moindre preuve que les images montrant des centaines de camions stationnés dans le sud où se trouve une récolte abondante de blé, attendant patiemment leur tour pour leur approvisionnement étaient un simple montage . Aussitôt après les autorités algériennes ont prouvé la véracité de ces images impressionnantes en les diffusant sous tous les angles. Ce qui valut à la chaine marocaine une pluie de tweets dénonçant une diffamation malhabile relevant de la pure jalousie. Le Maroc traverse en ce moment la pire période de son histoire. Il y a d’abord cette sécheresse chronique qui a frappé ce pays provoquant le plus faible rendement agricole depuis une dizaine d’années. Paradoxalement le pays voisin cette Algérie enviée et tellement détestée a reçu la meilleure pluviométrie de ces quatre dernières années, ce qui a fait dire à la vox populi des deux cotés de la frontière séparant les deux pays que le Maroc subit un châtiment divin à cause de ses relations honnies avec le sionisme. Evidemment une telle vision des choses ne tient pas la route et relève plutôt de la superstition et de la légende urbaine. Toujours est–il que le Maroc est aujourd’hui percuté par de nombreux aléas économiques. Il y a d’abord ces coupures fréquentes de courant électrique dans deux régions de ce pays à cause de la rupture des approvisionnements en gaz algérien qui alimentait les centrales de ces régions, il y a aussi et on ne le répète pas assez fort la fermeture hermétique de la frontière nord qui a rendu les villes adjacentes coté marocain, nombreuses, au demeurant, très vulnérables économiquement. Depuis que cette frontière est fermée et gardée en permanence par les militaires et gendarmes algériens le trafic prospère qui faisait vivre ces agglomérations limitrophes a baissé de 99% faisant grimper vertigineusement le chômage des jeunes et poussant les commerçants de ces villes et villages à baisser leurs rideaux. De l‘autre coté la différence est flagrante et saute aux yeux de tout observateur étranger prenant l’habitude de circuler librement dans l’un ou l’autre de ces deux pays. Cette Algérie que l’on raillait il n’y a pas si longtemps est en train de s’imposer comme un géant économique, non seulement au Maghreb mais aussi en Afrique du nord et certainement dans une dizaine d’années à l’échelle du continent africain. Il y a aussi cette autre mauvaise nouvelle qui ne concerne pas seulement la perte de la deuxième position de producteur de blé et la persistance de la sécheresse. Cette autre shcoumoune selon le jargon corse concerne aussi le tourisme l’autre levier clé de l’économie marocaine. Cet été le Maroc recevra peu de touristes étrangers particulièrement français à cause de la tenue à Paris des jeux olympiques dont les publicités prédisent un succès planétaire. En cumulant tout cela on peut dire sans se tromper que le pays voisin n’est pas prêt de sécher ses larmes.
