Les 19èmes Journées Internationales de Déontologie, qui se tiendront à Annaba les 31 mai et 1er juin prochains, offriront une plateforme essentielle pour discuter de la responsabilité médicale en Algérie. À cette occasion, le Dr Bekkat-Berkani Mohamed, président du Conseil National de l’Ordre des Médecins, a partagé des perspectives percutantes sur la dépénalisation de l’acte médical.
Les médecins algériens sont confrontés à plusieurs défis en matière de responsabilité médicale. Le manque de ressources, les conditions de travail difficiles et les attentes élevées des patients augmentent la probabilité d’erreurs. «Il est crucial de différencier entre erreur médicale et faute professionnelle. Une erreur peut survenir malgré les meilleures intentions et compétences,» souligne Dr Bekkat-Berkani. L’évolution des politiques de dépénalisation de l’acte médical en Algérie est un sujet complexe. Dr Bekkat-Berkani envisage une approche plus équilibrée où les erreurs médicales non intentionnelles seraient traitées par des mécanismes de réparation plutôt que par des sanctions pénales. «La dépénalisation encourage une culture de transparence et d’apprentissage, essentielle pour améliorer la qualité des soins,» dit-il. Actuellement, plusieurs mécanismes sont en place pour protéger les médecins contre les poursuites judiciaires injustifiées. Le Conseil de l’Ordre des Médecins joue un rôle crucial en offrant une assistance juridique et en veillant à ce que les droits des médecins soient respectés. «Nous travaillons en étroite collaboration avec les établissements de santé pour mettre en place des protocoles robustes de gestion des risques,» ajoute Dr Bekkat-Berkani.
Propositions de Réformes
Pour améliorer la situation actuelle, plusieurs réformes sont proposées. Dr Bekkat-Berkani préconise la mise en place de systèmes de compensation sans faute, similaires à ceux adoptés dans d’autres pays , qui permettent de traiter les erreurs médicales de manière juste et efficace. «Il est temps de réformer notre système pour assurer une pratique médicale sereine et sécurisée, où les médecins peuvent se concentrer sur les soins aux patients sans craindre des répercussions judiciaires disproportionnées,» conclut-il. Le Conseil de l’Ordre des Médecins est un pilier essentiel pour l’accompagnement et la défense des praticiens. «Nous intervenons dans les cas d’erreurs médicales pour garantir que les procédures disciplinaires soient équitables et basées sur des faits vérifiables,» explique Dr Bekkat-Berkani. «Notre objectif est de protéger les médecins contre les poursuites judiciaires injustifiées tout en assurant la sécurité des patients.» Les discussions lors des 19èmes Journées Internationales de Déontologie mettront en lumière les défis et les opportunités liés à la responsabilité médicale en Algérie. La dépénalisation de l’acte médical apparaît comme une voie nécessaire pour garantir à la fois la sécurité des patients et la protection des professionnels de santé. En adoptant des réformes équilibrées, l’Algérie peut créer un environnement médical plus juste et plus sûr pour tous.
Par Mohamed Tahar Aissani
