Examen du BEM: Un déverrouillage en attente

0
95

 A compter d’hier les élèves de fin de cycle des collèges passent leur examen du BEM. L’année passée le score était au dessous de la cotation espérée. Serait–ce le même cas cette année? En fin de compte tout dépendra des sujets proposés mais aussi du travail fourni par les élèves au cours de cette année scolaire. Si le score s’avère être le même que celui de l’année dernière, c’est qu’il ya quelque chose qui ne tourne pas rond et il faut dénicher la ou les causes. 

Au cours des années quatre vingt le taux de réussite à cet examen qui s’appelait à l’époque BEF explosait, rares étaient les élèves qui échouaient. En réalité c’était voulu par les dirigeants politiques de cette période. Tout le monde devait réussir ou presque car le FLN l’avait décrété et le FLN c’était l’Etat. Donc c’était tout à fait normal que les choses se passent ainsi et personne ne s’étonne car finalement tous étaient contents, sauf quand ces chanceux élèves accédaient en première année secondaire, c’est à dire au lycée, ils étaient surpris de constater que ce qu’ils avaient acquis comme connaissance durant leur scolarité au collège était bien en deçà de ce qu’on leur proposait au lycée. Cela démarrait donc mal et seuls les élèves motivés et réussissant à s’accrocher avaient des chances de réussir au plus important des examens, le baccalauréat. Même avec les consignes données par le plus haut sommet de l’Etat et du parti unique le taux de réussite au BAC n’arrivait toujours pas à donner satisfaction bien qu’il ait  toujours été gonflé sur décision politique. Après le bouleversement de 1988  qui mit fin au baathisme  arabo-socialiste  et à la pensée unique on espéra  qu’avec le changement politique le système éducatif allait mieux se porter. Il n’en fut rien! Au contraire il alla de mal en pis car une autre idéologie, celle de l’arabo islamisme s’en accapara et toute réforme intelligente de la programmation des cours en prit un coup et même très sérieux, surtout au cours de la décennie noire. La seule éclaircie qui apparut au ciel obscurci couvrant notre système éducatif apparut pendant la période de gouvernance du défunt président Bouteflika et notamment quand il confia le ministère de l’éducation nationale à Mme Benghabrit, une ministre compétente, lettrée dans les deux langues dominantes au pays que sont l’arabe et le français et très largement au courant des systèmes d’éducation performants  à travers le monde qu’elle voulait appliquer en Algérie. Malheureusement elle eut affaire à ces clans et cercles obscurantistes et conservateurs qui ont toujours parasité, voire saboté, toute ouverture de notre système vers l’extérieur et par extérieur il faut comprendre l’occident. Pour ces acteurs puissants de l’arabisation totale et de  l’islamisation forcée qui avaient pris en otage le système éducatif du pays à travers leurs syndicats, le changement si changement il pouvait y avoir devait être négocié avec eux et pour eux le dernier mot leur revenait. Résultat des courses! On voit aujourd’hui où tout cela nous a mené. Il ne fera aucun doute que le programme que présentera le président Tebboune lors de son renouvellement de mandat insistera sur un changement profond et global de notre système éducatif et on sait que le président n’a pas froid aux yeux et s’il décide de casser la baraque, il le fera!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici