En attendant la restructuration industrielle :La DG du groupe Sider livrée à elle même

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La direction  générale du groupe Sider sise à Chaiba est l’ombre de ce qu’elle fut. Celui qui en était le directeur  est incarcéré préventivement  depuis des mois et attend son procès .Cette DG fonctionne au service minimum. Deux ou trois services assurent un semblant de vie, guère plus. Cela donne une idée de la désarticulation de cette société nationale devenue entreprise puis groupe et qui attend son devenir dont on ne sait toujours pas ce qu’il sera.

Pour le moment le ministère de l’industrie se consacre surtout au devenir du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Il est la priorité des priorités. Ce complexe n’a cessé de battre de l’aile. Malgré toutes les aides consenties par le trésor public et dont le chiffre dépasse l’entendement puisqu’il est question de milliards de dollars pour redémarrer le cycle de production. Cet objectif d’1 million de tonnes d’acier liquide annoncé et ré annoncé est tombé aux oubliettes. La production n’a pas, jusqu’à présent, dépassé les 300 000 tonnes. Alors se préoccuper du groupe dont, il faut le rappeler, le complexe en fait partie tout comme de nombreuses entreprises en son sein n’est pas à l’ordre du jour. D’où  cette dégradation d’un lieu mythique d’une grandeur industrielle qui en fait n’a jamais réellement existé. La SNS, l’ENS, SIDER transformé en groupe avec à sa tête une direction générale dirigée par un PDG, des directeurs centraux  et du directeur du complexe d’El Hadjar, lequel dépendait hiérarchiquement du PDG du groupe a eu son moment de gloire. 22000 travailleurs y étaient employés dont les deux tiers d’entre eux  n’avaient aucun lien avec le cœur du métier, autrement dit la sidérurgie. En fait cette mystification d’une grandeur qui n’a jamais existé a fait du groupe Sider un colosse aux pieds d’argile. La moindre secousse risquait de le fissurer. C’est ce qui arriva quand eut lieu la crise financière due à l’effondrement des prix des hydrocarbures au milieu des années quatre vingt. L’Etat qui soutenait SIDER en le privilégiant par rapport aux autres entreprises industrielles réalisait que cela ne pouvait pas durer éternellement et demandant aux dirigeants du groupe Sider et à son PDG (à l’époque Chettih) de réfléchir à une stratégie de gestion incluant en urgence la compétitivité et la recherche du profit grâce à la vente. Une esquisse de sortie de crise fut alors faite, désignée sous l’appellation externalisation. En fait c’était tout simplement une sorte d’autonomisation d’activités jusqu’ci attachées au complexe sidérurgique. On habilla ces activités sous un statut d’entreprises (SPA) qui devinrent des filiales du groupe Sider lesquelles dépendaient de la DG du groupe.  Cela ne donna pas les résultats exigés par le gouvernement qui demandait plus d’audace dans la prise de décision, ce qui signifiait une sorte de nettoyage des écuries d’Augias. Or le staff DG du groupe ne voulait pas adhérer à une telle option. Grave erreur de sa part car le gouvernement concocta un piège juridique qui ne reposait sur rien de tangible mais qui permit de mettre en prison  la plupart des directeurs centraux avec à leur tête le PDG  de cette DG du groupe. Après cette tragédie à un acte rien ne sera plus comme avant. On commença par faire sortir une dizaine de milliers de travailleurs en leur proposant le départ volontaire rémunéré et on continua la descente en enfer avec le cadeau fait à l’indien Mital du complexe. Celui qui était désigné comme son sauveur fut en réalité son fossoyeur et le groupe Sider qui n’avait plus aucun pouvoir de décision sauf  celui de gérer les affaires courantes. En réalité  le groupe Sider était déjà mort depuis l’incarcération de sa seule équipe dirigeante. Le ressusciter aujourd’hui est totalement absurde. Selon ce qu’on a compris de la stratégie mise  en place par le gouvernement c’est une restructuration dans une superstructure d’entreprises ou d’anciens groupes ayant le même profil de métiers ou afférents laquelle serait seule habilitée à diriger et à gérer ces ex entreprises ou ex groupes.

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