Filière bovine française en crise :La perte du marché algérien paralyse la filière

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L’interdiction par l’Algérie des importations d’animaux vivants en septembre 2023 a porté un coup dur à l’industrie française de l’exportation de bétail, en particulier au port de Sète, où 80 % des expéditions étaient traditionnellement destinées au marché algérien.

Cette décision sanitaire a plongé les professionnels français dans le désespoir, face à l’accumulation de stocks d’animaux et à la perte d’un débouché commercial crucial. En effet, depuis l’apparition de nombreux cas de maladie hémorragique épizootique (MHE) en France, les services vétérinaires algériens ont demandé en septembre dernier de suspendre l’importation de bovins français. Le marché algérien représente pourtant une part importante des exportations de bovins français en dehors de l’Union européenne (UE). En 2022, 100.000 bovins ont transité par le port de Sète à destination de l’Algérie qui représentait 80% de l’activité. Ainsi, l’arrêt des importations algériennes a durement impacté la filière française, qui a dû se tourner vers d’autres marchés comme la Turquie, Israël et le Liban.  Cependant, ces ventes ne peuvent pas compenser celles destinées au marché  algérien. Laurent Trémoulet, directeur de la Société d’exploitation du parc à bestiaux (Sepab), confie qu’auparavant, « 2 à 3 bateaux partaient chaque semaine du port de Sète, contre un tous les dix jours actuellement »  a rapporté le journal Le Marin lundi. Le bâtiment, capable d’accueillir jusqu’à 1 300 animaux, est le plus souvent vide. Philippe Malagola, directeur du port de Sète, partage avec le même média : « Nos partenaires algériens font de leur mieux ». Selon lui, il s’agit de résoudre des « questions administratives et d’organisation interne » tout en ajoutant que les importateurs algériens sont très intéressés par cette reprise des importations. C’est pourquoi les professionnels français de la filière nourrissent l’espoir d’une réouverture des frontières algériennes pour leurs bovins et misent sur le Ramadan de 2025. C’est notamment le cas de Maximin Bonnet, de l’Institut français de l’élevage, qui explique à l’AFP que les envois vers l’Algérie « sont plutôt actifs en fin d’année ». Interrogés par l’AFP sur les raisons du blocage, les ministères des Affaires étrangères, de l’Economie, de l’Agriculture n’ont pas souhaité répondre. Toutefois, une source diplomatique française a indiqué  seulement que des « discussions » étaient « en cours pour la réouverture du marché algérien ».

Par Kheireddine Boukhalfa

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