L’Espagne va devoir payer très cher son caprice sur le Sahara Occidental

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L’Algérie ne s’empresse pas de punir l’Espagne pour son revirement sur la question du Sahara occidental. C’est l’analyse du journal espagnol « El Nacional », qui met en avant la dépendance énergétique de Madrid vis-à-vis d’Alger comme facteur de modération dans les relations bilatérales tendues depuis mars 2022.

En effet, le journal a expliqué que le gouvernement algérien, bien que très contrarié par le réalignement de l’Espagne sur la question du Sahara occidental, sait que le gouvernement de Pedro Sánchez lui a offert un cadeau dont il paiera bientôt les frais. Dans ce contexte, le journal explique que « l’Algérie, en tant que principal producteur de gaz, sera le plus grand bénéficiaire de la décision politiquement et économiquement inappropriée qui mettra fin à l’industrie de production d’électricité nucléaire en Espagne d’ici 2035 ». Comme on le sait, le gouvernement de Madrid a adopté un plan pour éliminer progressivement les centrales nucléaires d’ici 2035 et a commencé le démantèlement de ce type de centrales en juin 2022, avec la centrale de Zorita d’une capacité de 142 mégawatts. Dans son article, le journal a souligné qu’avec la réalisation du plan de démantèlement des centrales nucléaires dans le pays, le système énergétique espagnol aura toujours besoin de capacités de secours, qui ne sont autres que celles garantissant l’approvisionnement en cas d’échec des systèmes d’énergie renouvelable en l’absence d’installations de stockage adéquates, tout en insistant sur le fait qu’il n’y aura que des centrales électriques fonctionnant au gaz. C’est pourquoi El Nacional indique « Ils sont conscients de cette situation en Algérie, c’est pourquoi leur réaction aux récentes mesures prises par le gouvernement espagnol concernant le Maghreb n’a pas été aussi véhémente que prévu » tout en notant que l’Algérie, riche en gaz et fournissant l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine, a un objectif, qu’elle a annoncé lors du Forum des chefs d’État exportateurs de gaz tenu à Alger à la fin du mois de février 2024, qui est « de créer un espace pour préserver le gaz naturel comme carburant à faible émission nécessaire à la transition énergétique ». Le journal a souligné qu’en l’absence de projets de construction de systèmes de pompage hydraulique suffisants pour garantir un mélange énergétique basé uniquement sur les énergies renouvelables, et en l’absence de centrales électriques thermiques et avec la présence de centrales nucléaires en cours de démantèlement, des pays comme l’Espagne n’ont d’autre choix que des centrales électriques au gaz pour garantir un approvisionnement continu. C’est pourquoi il a conclu en précisant que le temps viendra inévitablement pour le rôle de l’Algérie, car le pays arabe est un fournisseur majeur de gaz, mais son rôle augmentera davantage que la situation actuelle, non pas en raison du statut de l’Espagne en tant que puissance capable de liquéfier le gaz et de redistribuer l’énergie à toute l’Europe, mais en raison des besoins espagnols en gaz et en énergie. Le journal a affirmé dans ce sens que le revirement de position du gouvernement Sánchez sur la question du Sahara occidental bénéficiera inévitablement à l’Algérie, car d’une part la dépendance de l’Espagne au gaz algérien continuera et, par conséquent, la véritable bataille aura lieu dans 11 ans, faisant référence à la fin de la dépendance à l’énergie nucléaire en 2035.

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