El Tarf-EPH de Besbes :Aux graves accusations des associations le directeur répond fermement

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Dans une doléance adressée au directeur de wilaya de la santé et de la population et dont nous détenons une copie, 18 organisations de masses et des associations de la société civile dénoncent,  l’état plus que déplorable et de dégradation avancée de l’EPH «El Amir Abdelkader» de Besbes et qui est, pour rappel,d’une capacité de 240 lits.

« L’hôpital ‘El Amir Abdelkader souffre d’une gestion catastrophique qui est sans méthodologie et au jour le jour. Nous dénonçons à travers cette doléance les agissements du directeur de l’EPH ainsi que la cheffe de service du personnel. Dans cette grande infrastructure étatique, les problèmes de toutes sortes sont légion, ce qui a influé et impacté, négativement, sur la qualité des prestations fournies aux usagers, en dernier ressort ». Est-il écrit dans la doléance en question. Les signataires relèvent, par ailleurs, que « le directeur de l’EPH évoque à chaque fois, la baisse de la qualité des soins prodigués aux malades, par le fait du fléchissement drastique des montants concernant les subventions allouées par l’état. En plus, l’hôpital souffre d’une manière systématique de l’infructuosité des soumissions pour la fourniture de médications d’usage fréquent et autres réactifs afin d’assurer le bon fonctionnement des structures dudit EPH. Il faut savoir que le code des marchés a donné une marge de manœuvre, large et importante, au gestionnaire qui consiste, particulièrement, au recours à la consultation restreinte et au gré à gré simple et ce, suite à deux appels d’offres infructueux. Le directeur invoque, à chaque fois, le déficit en ressources financières ». Dans la doléance en question, les 18 entités de la société civile indiquent que « le réseau électrique de l’EPH est défectueux avec un câblage de très mauvaise qualité, ce qui a provoqué la détérioration des équipements médicaux, payés au prix fort. Également, le ramassage des ordures se fait, rarement et intempestivement.  L’EPH accuse un manque criant en matière de médicaments dont les prix sont dérisoires sur le marché à l’image de Falgil, Bétadine et Prodav. Également, l’hôpital connait une saignée sans commune mesure des spécialistes à cause du mauvais comportement du staff administratif.Pour rappel, cette structure est dépourvue d’un cardiologue et ce, depuis 3 années ». Dans la même doléance les signataires relèvent avec un grand désarroi que « l’hôpital est gangréné par le clanisme de tous poils ou chaque clan agit selon ses propres intérêts en faisant prévaloir le règlement intérieur dudit hôpital.

Les explications du directeur de l’EPH

Joint par téléphone, le directeur de l’EPH réfute, catégoriquement, toutes les accusations émises par les représentants de la société civile à son encontre, en martelant que « quand, j’ai pris les rênes de l’hôpital, j’ai appliqué la loi et surtout l’instruction du ministère concernant la programmation des opérations chirurgicales et l’entrée et sortie du personnel et des visiteurs. Cette option les a dérangés. Ces entités de la société civile ont voulu appliquer leurs propres règles. Pour ce qui est de la gestion je dispose de très peu de moyens. J’ai le plus faible budget de fonctionnement au niveau de la wilaya vis-à-vis des autres structures sanitaires. Il y a un manque évident d’effectifs et la plupart des fonctionnaires sont détachés des autres hôpitaux. J’ai hérité de dettes contractées par mes prédécesseurs que j’ai pu régler en un temps record ». Abordant le volet médicaments et équipements le directeur dira, en substance, que «certes, pour le parc auto nous ne disposons que d’une seule ambulance et d’un seul véhicule utilitaire acquis grâce aux efforts consentis, conjointement, avec les services de la douane Algérienne et grâce à une dérogation exceptionnelle. Pour les médicaments, je salue l’aide précieuse des bienfaiteurs qui nous ont épaulé, financièrement, pour le transport des médicaments, dès lors que nous les ramenons des autres établissements de santé. Nous consommons,énormément de médicaments, nonobstant, les besoins exprimés, sachant que le bloc opératoire, à titre d’exemple effectue chaque semaine,plus de 100 opérations chirurgicales. C’est toute la wilaya qui est prise en charge. Les pieds diabétique de deux wilayas à savoir Annaba et El Tarf se soignent dans l’hôpital de Besbes.  Des malades qui consomment énormément d’antibiotiques et de pansements. Je dispose de 07 traumatologues alors que toute la wilaya n’en compte que 03. Pour les cardiologiques, c’est du ressort des affectations émises par le ministère de tutelle et je tiens à souligner que nous avons toutes les spécialités dans cet EPH ». Concernant, le nombre élevé des soumissions infructueuses, le premier responsable de l’EPH expliquera, avec conviction, que « les signataires de la doléance se trompent sur ce sujet sachant que nous obéissons au code des marchés et nous avons eu, seulement, une infructuosité pour ce qui est de l’opération de maintenance du matériel médical. Pour ce qui a trait au problème du câblage électrique défectueux, il faut savoir que l’hôpital n’a pas de réception définitive avec l’entreprise chinoise réalisatrice. Donc, c’est un problème avec les chinois et de fait, je ne peux intervenir. Nous avons noté toutes les réserves et nous avons adressé des correspondances dans ce sens à la direction de wilaya de la santé et c’est cette dernière qui prend en charge ce problème. Lors de la dernière réunion avec le wali j’ai posé le problème de l’électricité et c’est un problème commun à plusieurs établissements de santé à travers la wilaya. Le wali a chargé l’entreprise Sonelgaz de faire le diagnostic mais le réseau électrique interne reste du ressort de l’entreprise chinoise. La climatisation centrale reste parmi les réserves et c’est à la société chinoise de régler ce problème ». Répondant à la dégradation de l’hygiène interne, le directeur fera savoir, avec dépit, que « nous sommes conventionnés avec une entreprise privée qui s’occupe de l’hygiène dans l’hôpital avec le nettoiement, constant, des sanitaires. Malheureusement, nous enregistrons des actes d’incivisme ou des objet durs ont été jetés dans les sanitaires, en question. Nous disposons du service hygiène qui suit constamment ce volet avec minutie ». Dans le même registre, le directeur affirmera que « cette doléance est fortuite et que certaines associations veulent imposer leur propre logique au détriment des lois de la république. Des associations qui veulent s’immiscer dans le planning des opérations chirurgicales et même dans les changements et les affectations du personnel. Nous appliquerons la loi dans toute sa rigueur et lesdites associations doivent se tenir, uniquement, à leurs prérogatives, mais nous tenons à travailler avec elles dans le cadre des lois de la République ».

Le wali prend les devants.

Il y a quelques jours, le wali a effectué une visite d’inspection dans l’hôpital ou il a supervisé sur place la réparation de la climatisation centrale. Cette sortie du premier responsable indique clairement que les autorités ont pris conscience de l’importance de cette structure sanitaire de premier ordre pour toute la wilaya d’El Tarf. Le seul défi, actuellement, est d’exiger de l’entreprise chinoise réalisatrice de la levée de toutes les réserves et de rectifier les imperfections constatées dans ledit EPH ‘El Amir Abdelkader’. Quoi qu’il en soit, cette structure sanitaire de 240 lits doit avoir tous les égards des autorités locales et centrales. Il est temps de mettre en place des synergies dans le secteur de la santé au niveau locales dans une wilaya qui dispose de quatre EPH pour offrir au citoyen des soins de qualité. Il s’agit, en somme et in fine, de vies humaines à préserver.

 

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