Face aux défis économiques actuels et à la nécessité de redynamiser les territoires, l’émergence d’une nouvelle dynamique économique au niveau local s’impose comme une priorité majeure pour les pouvoirs publics.
En réponse à cet enjeu, le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire met en œuvre une nouvelle politique volontariste en faveur des collectivités locales. Cette initiative vise à outiller et à accompagner les acteurs locaux dans la conception et la mise en œuvre de stratégies de développement économique ambitieuses et porteuses pour leurs territoires. En effet, lors de son passage sur les ondes de la radio nationale ce lundi, le directeur général des collectivités locales au ministère de l’intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, Youcef Roumane a décliné les grands axes de cette nouvelle politique. Ainsi, M.Roumane a commencé par évoquer les différents programmes complémentaires au profit des wilayas de Djelfa, Khenchela, Tindouf et Tissemsilt, pour lesquels « un budget de 408,44 milliards de dinars a été consacré à la réalisation d’une multitude de projets pour un rééquilibrage du développement local entre les différentes régions du pays. 422 projets sont donc inscrits au programme spécifique complémentaire de ces quatre wilayas pour insuffler une dynamique économique et sociale » tout en précisant que d’autres programmes complémentaires seront mis en place dans d’autres wilayas. Aussi, le même responsable a souligné les efforts déployés depuis 2020 pour améliorer les conditions de vie de milliers de citoyens vivant dans des zones enclavées et qui n’avaient pas bénéficié des plans de développement antérieurs. «Le programme spécial des zones d’ombre a été lancé en 2020 et s’est achevé fin 2023. Une enveloppe de 305 milliards de dinars a été allouée pour financer 29 868 projets, profitant à 10 993 zones d’ombre dans 1 361 communes. Ces projets incluent l’ouverture de routes, la réhabilitation et la construction d’établissements scolaires, l’assainissement, ainsi que l’approvisionnement en eau potable », a-t-il précisé. Selon Youcef Roumane, l’objectif du développement local est de créer une base pour l’émergence d’une dynamique économique au sein des collectivités locales. « Le ministère de l’Intérieur est sollicité à plusieurs égards pour soutenir les communes et les wilayas dans l’élaboration, le financement et la mise en œuvre de leurs plans de développement. En plus des programmes spécifiques et complémentaires, des projets sectoriels sont inscrits dans plusieurs wilayas dans le cadre des budgets annuels alloués à différents secteurs. Il y a également des projets financés par le Fonds de solidarité et de garantie des collectivités locales », a-t-il ajouté.
Dans ce sens, il a indiqué qu’au titre de l’année 2024 une enveloppe d’environ 1000 milliards de dinars a été consacrée au développement local.
30 Wilayas sous surveillance
Par ailleurs, M.Roumane a abordé la question de l’alimentation en eau potable (AEP), que le ministère de l’Intérieur suit de prés, notamment après les perturbations enregistrées dans la wilaya de Tiaret. «Nous suivons de près la situation. La fréquence de l’AEP des foyers a certes été réduite à un jour sur deux ou un jour sur trois, mais la disponibilité de la ressource est assurée dans les différentes communes. Des projets d’urgence ont été réalisés dans des délais record. Je cite la mise en service du transfert sur 42 kms à partir de Chot Chergui d’un volume de 20 000 m3 par jour. Il y a aussi l’équipement de forages dans deux champs captant de 11 000 m3 par jour et la réalisation d’un forage à Ain Zarit d’un apport de 2000 m3 par jour. Il s’agit également de la réalisation de 3 forages profonds et l’équipement d’un forage à Si Abdelghani », a-t-il déclaré à ce propos. Dans ce contexte, et afin d’améliorer l’alimentation en eau potable (AEP) et la mobilisation des ressources, plusieurs forages fermés ou exploités par les secteurs agricole et industriel ont été raccordés. « Nous avons mobilisé plus de 200 camions citernes pour approvisionner quatre communes », a souligné Roumane. Cependant, le responsable a mis l’accent sur le manque de ressources hydriques dans plusieurs wilayas. « Les épisodes de sécheresse successifs de ces dernières années et le manque de précipitations ont aggravé la situation de l’AEP. Pour anticiper d’éventuelles perturbations dans l’approvisionnement en eau potable, nous avons identifié des wilayas à risque, classées en trois groupes », a-t-il révélé. Ainsi, 4 wilayas, à savoir Tiaret, Bouira, Tébessa et Médéa, sont classées en vigilance de niveau 1. Pour y remédier, un programme spécial composé de 20 projets est en cours de réalisation, avec un budget de 5,62 milliards de dinars. 11 autres wilayas sont catégorisées au niveau 2, pour lesquelles 70 projets sont inscrits, pour un coût de 14,58 milliards de dinars. Enfin, 15 wilayas sont classées au niveau 3, où 53 projets seront financés à hauteur de 6,86 milliards de dinars », a-t-il indiqué.
Par Kheireddine Boukhalfa
