Incontestablement il y a un changement dans la manière de conduire la politique étrangère de l’Algérie. Il y a de l’initiative alors qu’auparavant on réagissait après coup. Nous l’avons vu récemment au conseil de sécurité de l’ONU où l’Algérie qui est seulement membre non permanent de cette instance attire toute les attentions. En fait elle en est devenue la vedette.
Ce nouveau positionnement de l’Algérie sur la scène internationale devenait nécessaire, voire indispensable car ce pays connu pour ses interventions audacieuses dans l’arène internationale avait perdu de son aura pendant des années à cause de la maladie d’Abdelaziz Bouteflika dont on savait la verve et l’ambition de rendre à l’Algérie la place qu’elle avait perdu lors de la décennie noire. Au cours de ses deux premiers mandats le défunt président avait replacé son pays dans ce cercle privilégié et restreint des grands de ce monde. Le sort en avait décidé autrement au cours de son troisième mandat présidentiel où il fut cloué dans un fauteuil jusqu’à sa démission. Ainsi pendant dix ans de gloire diplomatique incontestable le dynamisme de cette politique étrangère de l’Algérie à traves la personnalité hors norme de son président s’étiola petit à petit et au bout d’un moment s’effaça complètement. Sur le plan extérieur qui avait aussi son prolongement sur le plan intérieur l’Algérie était devenue une caricature que la presse internationale raillait , sans parler de cette condescendance qu’affichait des chefs d’Etats étrangers en visite officielle lorsqu’ils étaient reçus par ce président qui faisait un effort inouï pour donner l’impression qu’il était en possession de tous ses moyens mais cela ne trompait personne et cela enfonçait même l’Algérie dans l’incertitude car le navire naviguait à vue sans commandant à son bord. Tout cela disparut quand le peuple prit les choses en mains en imposant son point de vue de manière pacifique et exemplaire qui étonne le monde entier. Lorsqu’après une transition nécessaire un nouveau président de la république élu démocratiquement et sans aucun artifice arriva au pouvoir la première chose qu’il entreprit concerna le retour à la stabilité politique et le renouvellement des institutions malmenées depuis une dizaine d’années. Cette stabilité institutionnelle devenait l’assise sur laquelle devait émerger toutes les réformes économiques dont le pays avait vitalement besoin car étranglé depuis des années par une politique économique bricolée où l’improvisation était devenue la règle et non l’exception. Une classe d’oligarques dictait la politique extérieure du gouvernement exacerbant de la sorte toute visibilité aux pays qui observaient l’Algérie. Avec l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle direction politique avec à sa tête un homme d’expérience qui a exercé des fonctions supérieures au sein de l’Etat l’amenant à diriger un grand ministère et d’occuper même cette place tellement convoitée de premier ministre même si cette occupation fut de courte durée à cause de l’influence de cette oligarchie qui dirigeait le pays. Le nouveau chef de l’Etat entreprit alors de faire le ménage dans la maison Algérie. Ce nettoyage lui valut la confiance du peuple qui réclamait du changement et une vision claire. C’est alors que ce président inscrit dans la politique qu’il voulait diriger la notion d’une nouvelle Algérie, radicalement différente de tout ce qu’on a connu après 1962. Une Algérie qui fait appel à toutes les compétences avec un seul mot d’ordre l’intégrité et la primauté de l’intérêt général. Tous les conseils de ministres que ce président présida , que nous pouvons qualifier de marathoniens à force de leur fréquence et de leurs contenus convergent tous vers un seul objectif celui de gagner la confiance de ce monde qui nous entoure en donnant à l’Algérie cette énergie consistant à s’entendre avec des convergences de vue mais aussi des divergences en faisant en sorte que de telles divergences peuvent être surmontées . Une telle diplomatie porte aujourd’hui ses fruits.
