On sent de la fébrilité chez les parents des élèves qui ont passé les épreuves de cet examen emblématique. A un jour ou deux de la proclamation des résultats on essaie de récolter quelque information . D’après ce qui se dit le pourcentage d’élèves ayant réussi dépasse celui de l’année dernière et même celles d’avant. Si le taux atteint les 70%on peut parler de performance, même si celle –ci est relative au vu des résultats affichés par exemple en France dont le taux dépasse très largement les 85%.
Il n’en demeure pas moins que le fait de dépasser les fatidiques 60% qui collent au système éducatif depuis des années est en soi une avancée qu’il faut prendre en considération. Une évaluation des résultats dont on assure qu’ils sont encourageants serait la bienvenue. Il ne faut pas dormir sur ses lauriers et dire que l’année prochaine serait mieux que cette année. Au contraire il faut repérer les points positifs qui ont amené à obtenir un tel résultat. Une exploitation sérieuse de l’ensemble des résultats de ce Bac 2024 pourra dégager de réelles perspectives pour le Bac 2025. Un audit n’est pas de trop pour sérier les points forts mais aussi les failles du système. En fait il faut parvenir à faire ressortir les points communs qui ont contribué à obtenir les notes au dessus de la moyenne chez le plus grand nombre des candidats ayant passé les épreuves. Il y a aussi certaines matières qui ont joué un rôle décisif, lesquelles? C’est tout cela qu’il faut voir et décortiquer pour donner une meilleure qualité des programmes. Il y a aujourd’hui une dépréciation du bac algérien au niveau international. Notre diplôme est dévalorisé et les étudiants algériens qui choisissent de faire des études supérieures à l’étranger doivent passer un concours à l’issue duquel ils sauront s’ils sont admis à faire de telles études. C’est aussi le cas pour nos étudiants du supérieur ayant acquis des diplômes universitaires algériens gradués ou post gradués. S’ils décident d’aller travailler à l’étranger ils devront prouver que leurs diplômes sont compatibles avec ceux du pays d’accueil. C’est le cas de nos étudiants en médecine ayant obtenu leur doctorat en Algérie et qui leur prend l’envie d’aller en France pour exercer la profession de médecin. Ce n’est pas automatiques et même loin de l’être car certes les hôpitaux français ont certes un besoin qualifié de crucial en personnel médical mais leurs exigences dans l’attribution du titre de médecin sont strictes et ne correspondent pas aux connaissances figurant dans le diplôme de médecine obtenu en Algérie. En clair ces diplômés de médecine algériens devront exercer sur le terrain mais pas en tant que médecins, seulement en assistants médicaux mais ils ont quand même la possibilité de repasser leur examen de médecine en France. Cette nouvelle Algérie dont les plans sont en train d’être dessinés et qui vise l’émergence doit posséder un système éducatif dépassant de loin celui qui existe à l’heure actuelle. On ne peut valablement pas accéder à cette émergence et figurer parmi ces grands pays l’ayant atteinte si les diplômes algériens restent au dessous de la norme admise universellement. C’est le pari des cinq années à venir et pour y arriver il faut retrouver cette place que l’Algérie a perdue après l’instauration de l’école fondamentale qui fut un vrai désastre et à laquelle on ne s’en est jamais sérieusement remis.
