Fini ce temps où on exportait pratiquement que du pétrole et du gaz. Les lignes politiques de l’après indépendance étaient très prononcées vers un collectivisme économique qui menait une guerre farouche à l’entreprise individuelle. Durant des années la politique du tout Etat a anéanti l’esprit d’initiative et a réduit à néant toute ambition or sans ambition songer à produire pour finalement stocker ne vaut pas le coup.
Même au temps où Bouteflika dirigeait le pays et où un libéralisme chaotique régnait avec à sa direction une classe de profiteurs au sens propre du terme, non au figuré c’était l’importation qui prévalait car elle rapportait de l’argent sans en injecter pour transformer les produits importés en produits exportables. C’était une politique commerciale dont les bénéficiaires étaient les pays exportateurs, notamment l’UE mais aussi la Turquie et la Chine. La rente pétrolière et gazière servait finalement à engraisser l’importation et amaigrir l’exportation. On importait tout, jusqu’à des produits existant en abondance localement. Comment dès lors avec un tel état d’esprit concevoir une politique d’exportation ? En fait on n’y pensait même pas. Quand sur les plateaux de la télévision nationale publique ou privée on abordait le sujet il y avait plus d’intervenants représentant les lobbys de l’import que ceux qui défendaient le principe d’un encouragement de la production nationale avec pour objectif l’autosuffisance alimentaire et à plus ou moins long terme en exporter l’excédent. Ce type d’intervenants était tourné en dérision par les larbins de l’import qui reprochaient aux producteurs locaux leur manque de savoir –faire et l’absence de qualité. On reprochait à ceux qui s’évertuaient à produire en suffisance des produits destinés à l’alimentation une médiocrité qui n’existait d’ailleurs pas. Ce genre de désinformation ou d’intox a duré des années, pratiquement vingt ans de la gouvernance de l’ex président défunt et de son cercle d’amis rapprochés. Il n’y avait pas que l’agro-alimentaire qui était concerné par ce grand bluff des importateurs il y avait aussi d’autres secteurs industriels comme le ciment ou la sidérurgie. On importait du ciment mais aussi du rond à béton qui pourtant devait être exclu de la liste des produits importés. En réalité pendant vingt ans on étouffa toute envie de produire localement tout en privilégiant grandement les importations. Ce qui a eu pour effet d’augmenter exponentiellement le nombre de riches en Algérie. Les détenteurs de fortunes colossales n’existaient pas en Algérie avant l’arrivée d’Abdelaziz Bouteflika. On comptait tout au plus une centaine de gens fortunés après la période d’austérité de feu Boumediene correspondant à celle de Chadli. Après l’arrivée de l’ex président défunt ils étaient des dizaines de milliers. Ils sont des centaines de milliers aujourd’hui. A la seule différence qu’avec l’arrivée au pouvoir du président Tebboune il a été clairement ordonné à ces hommes qui ont fait leur beurre de renverser la tendance en investissant une partie de leurs fortunes dans l’exportation. Il n’est plus possible pour une très grande partie d’entre eux d’importer mais il est possible d’exporter grâce aux facilités introduites dans le domaine législatif. Parallèlement à ces mesures incitatives envers les ex importateurs l’Etat a mis le paquet en argent et en encouragement fiscal pour inciter la production nationale à se hisser au niveau le plus élevé de manière à atteindre cette qualité et ces quantités de produits lesquels trouveront le plus normalement possible preneurs hors des frontières du pays. Les résultats n’ont pas tardé à voir le jour. On a exporté pour plus de 7 milliards de dollars en 2023. En 2025 Ce sera dit–on 15 milliards et en 2030 on atteindra les 30 milliards de dollars.
