Algérie –France: Le point de non –retour ?

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Entre l’Algérie et la France y aura-t-il réparation des dégâts causés par Emmanuel Macron quand ce dernier a franchi une ligne rouge, celle de la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental alors qu’aucun président avant lui ne l’a fait? Une telle audace ne lui sera jamais pardonnée par l’Etat algérien. Cependant malgré ce qui a été fait la réponse algérienne sera proportionnelle.

Le retrait de notre ambassadeur n’est pas une rupture des relations diplomatiques. Cela n’a pas été fait avec l’Espagne ce ne le sera pas avec la France dont les rapports sont mille fois plus denses qu’avec la péninsule ibérique. Il ne faut pas oublier qu’il y a presque cinq millions de franco-algériens qui vivent en France, que le flux migratoire entre l’Algérie et la France  reste très intense et enfin le nombre d’étudiants ayant obtenu des bourses en France est le plus élevé que tous les autres pays hors européens qui en ont fait la demande. Il est peu vraisemblable qu’Alger  prenne des dispositions qu’on peut juger radicales envers Paris ou croire un seul instant que ce pays n’appliquerait pas la règle de réciprocité si c’était le cas. Donc de ce point de vue la réplique algérienne à l’action regrettable et inconsidérée du président français sera  surtout diplomatique. La plus probable et la plus symptomatique détérioration des relations entre les deux pays sera l’annulation de la visite d’Etat du président Tebboune dans le cas où il est élu, longtemps envisagée et qui sera très probablement annulée, à moins d’un revirement du président français sur la question du Sahara occidental. Une telle option est–elle envisageable ?  Sans doute pas car Emmanuel Macron considérant son caractère entêté ne reviendra pas sur sa décision du moins pas dans les termes qu’Alger souhaiterait. Il faudra donc attendre autre chose, un déclic diplomatique semblable à celui que Pedro Sanchez avait imaginé lorsqu’il aborda devant l’assemblée générale des nations unies la question du Sahara occidental où il annonça qu’il respecterait la décision de l’ONU sur cette question, autrement dit si dans un proche avenir le Conseil de sécurité tranchait en faveur du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui à choisir d’avoir son propre Etat, l’Espagne prendrait aussitôt acte d’une telle décision.  La France adopterait –elle la même attitude que celle de l’Espagne ? Il ne faut pas exclure une telle possibilité, mais la vraie motivation de Paris quelle que soit le président qui sera aux commandes à l’Elysée ne sera certainement pas la légitimité autour de la décision de l’ONU mais surtout la reprise des liens avec l’Algérie dont le gel diplomatique coûte déjà à la France qui est en train de perdre la confiance d’un très grand nombre de pays et parmi eux des pays africains considérés jusqu’ici comme des vassaux  comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso et jusqu’au Sénégal. S’il faut ajouter l’Algérie pays pivot du Maghreb et du continent africain alors le résultat est spectaculairement concluant.  La France ne peut pas se payer le luxe de régresser à une telle vitesse. Une déclaration officielle de Paris faisant état d’une acceptation de toute décision prise par l’UE et l’ONU  concernant le Sahara occidental mettra fin à la séparation diplomatique entre les deux pays car rappelons –le, il ne s’agit pas d’un divorce mais d’une séparation et ajoutons le fait que l’Union européenne n’a jamais reconnu la marocanité du Sahara occidental, cela aussi compte pour la France et par ricochet pour l’Algérie.     

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