Trois challengers pour la présidentielle : C’est du sérieux !

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C’est la première fois depuis l’indépendance que le candidat déclaré favori pour emporter l’élection présidentielle n’est pas issu du FLN ou de ce qu’on appelait jusqu’à décembre 2019 la majorité présidentielle qui gravitait en permanence autour de l’ex parti unique et de son clone le RND. En effet le président sortant, Abdelmadjid Tebboune  s’est déclaré candidat indépendant et cela c’est inédit.

Inédit également  cette réduction des candidats à cette élection du 7 septembre prochain. D’habitude on noyait pour ainsi dire le poisson en présentant une myriade de candidats en sachant bien que ce sera celui présenté par le FLN  et exceptionnellement une fois par le RND (Liamine Zéroual) qui emportera cette élection. Depuis l’investiture d’Abdelmadjid Tebboune qui, rappelons-le, s’était présenté sous l’étiquette « Indépendant » le scénario d’une élection présidentielle soi disant plurielle alors qu’en réalité ce n’était qu’un simulacre a été formellement écarté par le nouveau président de la république qui n’a cessé de répéter qu’il n’était le président d’aucun parti mais du peuple algérien. Cette posture il l’a conservée et la maintient aujourd’hui ,en dépit des soutiens péremptoires des partis dits du système qui essaient de remonter la pente en se prononçant sans réserve pour le président sortant , lequel les a remerciés poliment mais en insistant qu’il est un candidat qui a divorcé avec le système et de ce fait que cette ex majorité présidentielle le soutienne ou pas cela ne fera pas de différence pour lui car l’actuel président sait que la majorité des électeurs et électrices algériens approuvent ce qu’il a fait durant son mandat et voudront massivement lui accorder l’occasion d’achever avec brio ce qu’il a entrepris.  Quant aux deux autres candidats, tous deux leaders de grands partis politiques bien structurés et disposant d’une base militante appréciable leur challenge est pris au sérieux car chacun d’eux dispose d’un programme électoral cohérent. Celui de Hassani, président du MSP s’est débarrassé de la coloration idéologique qui caractérisait ce parti quand il était dirigé par Mokri, très proche de la confrérie politique des Frères musulmans, qui est considérée comme une secte menant à un régime à coloration fortement religieuse, ce qu’une majorité d’Algériens ont toujours refusé.  C’est ce qui explique le limogeage de Mokri du MSP et son remplacement par Hassani  qui a compris que l’étiquette islamiste même modéré collé au parti fondé par feu Mahfoud Nahnah a fait son temps et que si son parti veut évoluer et faire élire un jour un président issu de ses rangs il y a nécessité d’une reconfiguration, laquelle n’effraierait pas un électorat sensible aux liberté individuelles. Pour ainsi dire Hassani veut «dédiaboliser » le MSP  en le présentant plus ouvert. D’où cette insistance figurant dans son programme électoral déjà communiqué aux médias sur la place prépondérante des libertés individuelles mais aussi une séparation plus stricte des pouvoirs assortie de l’existence d’un contre pouvoir institutionnalisé qui empêcherait toute dérive autoritaire. Un tel programme est cohérent voire même alléchant mais celui du candidat sortant , en l’occurrence l’indépendant Abdelmadjid Tebboune est plus attractif car il intéresse le quotidien des Algériens qui ont constaté au cours de ces trois dernières années que leur vie a changé en mieux même si certaines couches sociales continuent de galérer mais qui voient quand même le bout du tunnel  . En réalité les questions de fond les Algériens n’en veulent pas pour le moment. Plus tard certainement mais pas en 2024. L’autre challenger aussi sérieux et autant responsable sur le plan des idées  que le leader du MSP c’est Aouchiche le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition en l’occurrence le FFS lequel a lui aussi fait le ménage au sein de ce parti qui était menacé d’implosion par son précédent dirigeant, lequel a voulu radicaliser le parti à l’image du RCD qui  a perdu de son influence dans une région qui ne veut plus entendre parler de séparatisme ou d’exclusion identitaire et culturelle. Pour preuve la visite du président Tebboune à Tizi –Ouzou a été un franc succès dans une ville qui a de tout temps marqué sa différence avec les autres chefs lieux de wilayas du territoire national et qui avait toujours réservé un accueil très réservé envers les précédents chefs d’Etat qui l’avaient visitée. Là aussi la consigne du FFS  version Aouchiche relative à la visite du président de la république dans la capitale des jeunets a été respectée à la lettre. Il est évident que M. Aouchiche obtiendra  des voix au cours du prochain scrutin de même  que son homologue Hassani lequel lui aussi serra investi d’une confiance populaire plus militante que citoyenne dans des wilayas qui sont traditionnellement acquises, à l’instar de Blida et de Médéa mais eux d’eux n’arriveront pas à renverser la tendance lourde Tebboune. Leur vrai et authentique challenge ils le réserveront au cours de l’élection présidentielle de 2029. Cette élection de 2024 n’est qu’un test préparatoire au véritable enjeu qui s’exprimera dans cinq ans

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