C’est aujourd’hui jeudi 15 Août que débute la campagne électorale pour élire un nouveau président de la république. Le mandat de l’actuel président est arrivé à son terme par anticipation. Trois candidats ont été retenus par l’ANIE pour ce scrutin. Il s’agit par ordre alphabétique de MM. Aouchiche, Hassani et Tebboune.
Les panneaux muraux sont placardés dans les villes et villages depuis une semaine. Les citoyens n’auront pas à s’écarquiller les yeux pour distinguer les candidats à cette élection présidentielle du 7septembre car ils ne sont pas nombreux ces candidats. Ils ne sont que trois, le plus connu d’entre eux est évidemment le président sortant qui s’est représenté à la demande de nombreux partis et de la société civile. Remarque importante, Abdelmadjid Tebboune s’est inscrit en tant que candidat indépendant. Cette nuance n’est ni gratuite, ni fortuite. Elle s’inscrit dans l’ordre des choses et dans la continuité, celle de l’annonce il y a cinq années de cela de sa candidature en qualité d’indépendant après la tempête du Hirak. Le président sortant s’est toujours déclaré être au dessus des partis et se veut porteur d’idée dans sa vision politique qu’il a nommé la nouvelle Algérie. En face de lui il ya deux challengers respectables connus par une majorité de citoyens, notamment ceux qui se tiennent au courant de la vie politique du pays. Il s’agit du président du parti MSP( Mouvement pour la société et la paix) anciennement Hamas ( à ne pas confondre avec le mouvement palestinien) qui fut fondé dans le cadre du pluralisme institué depuis 1989 par Mahfoud Nahnah, une personnalité charismatique appartenant à la confrérie des Frères musulmans , mouvance fondée par l’égyptien Hassan El Banna au cours des années trente du siècle dernier qui fut exécuté par le président Nasser après la révolution de 1952 . C’est ce même Mahfoud Nahnah qui obtint 25% des suffrages exprimés lors de l’élection présidentielle de 1995, élection emportée par l’ex général à la retraite Liamine Zéroual avec 65% des voix. Avec le retour d’Abdelaziz Bouteflika qui avait été élu président de la république à l’occasion d’une élection anticipée voulue par Zéroual et le retour à la paix civile suite à la politique de réconciliation nationale prônée par le nouveau président et qui mit fin à une dizaine d’années d’horreur sanguinaire initiées d’abord par le FIS et sa branche armée l’AIS puis par une dissidence radicale semblable à Daesch représentée par le GIA (Groupe islamique armé) la vie politique reprit le dessus et le pluralisme politique reprit de la couleur . Entre temps le fondateur du MSP, le nouveau nom de Hamas, décéda et à sa place un nouveau président. A. Mokri s’est imposé en qualité de leader de ce parti qui mit sous le boisseau ce fameux entrisme si cher à son prédécesseur pour se proclamer opposant à la politique de l’ex président de la république dont le mandat sans cesse renouvelé et qui devint une entorse à la nouvelle constitution pourtant proposée par cet ex président qui limitait le mandat présidentiel à deux scrutins , or ce cinquième mandat était anticonstitutionnel malgré l’avenant qui avait été ajouté pour donner un semblant de légalité à cette constitution bafouée C’était aussi la goutte d’eau qui fit déborder le vase provoquant un tsunami de protestation populaire initié par un mouvement citoyen sans précédent dans l’histoire de l’Algérie indépendante. Après des mois de manifestations à travers l’ensemble du territoire national qui provoquèrent d’abord la démission de l’ex président et la protestation contre une équipe dirigeante de transition fortement contestée par la rue , une élection présidentielle fut organisée et rendit son verdict en élisant l’actuel président sortant Abdelmadjid Tebboune, lequel organisa à son tour une élection amendant la constitution initiée par l’ex président de la république, amendement qui fixe solennellement la limitation à deux mandats pour tout président de la république. Après ce réajustement salutaire le nouveau chef de l’Etat convoqua le peuple pour élire ses députés dans une APN renouvelée et recomposée par de nouvelles règles. La reconfiguration issue de cette assemblée nationale est dominée majoritairement par des indépendants, des partis issus de l’ex majorité dite présidentielle, et deux principaux partis d’opposition à savoir le MSP et le FFS. On retrouve aujourd’hui les deux leaders de cette opposition qui se présentent à leur tour en tant que candidats choisis par leurs formations politiques respectives. Il se trouve néanmoins que ces leaders, celui du MSP et celui du FFS ne sont pas les anciens chefs de ces deux partis. Il y a eu dans ces deux formations politiques une sorte de nettoyage des écuries d’Augias. Deux nouveaux noms ont surgi, ce sont ceux des deux candidats qui se présentent aujourd’hui à ce scrutin du 7 septembre.
