A dix jours de l’élection présidentielle : Youcef Aouchiche, le candidat qui fait le moins parler de lui

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Des trois candidats à l’élection présidentielle du 7 septembre le plus discret est incontestablement Youcef Aouchiche. Il semble que ses rivaux disposent d’une longueur d’avance sur lui. Leurs déplacements à l’intérieur du pays sont plus fréquents et  aisés. Le premier secrétaire du FFS quant à lui éprouve, c’est le moins que l’on puisse dire des difficultés de déplacement vers des centres urbains importants en dehors du centre du pays.

Le MSP qui a présenté son candidat favori en choisissant Hassani au lieu de Mokri fait bloc derrière lui en mettant à sa disposition tous les moyens et la logistique dont dispose ce parti islamiste qui s’était longuement préparé pour s’imposer sur la scène politique. On sait par exemple qu’il est derrière plusieurs organisations caritatives même si celles-ci , selon leur statut, sont indépendantes juridiquement . Financièrement par contre on n’en sait rien. Par ailleurs de nombreux commerçants et riches hommes d’affaires qui font des allers et retours permanents dans les pays du Golfe  pour leurs affaires contribuent au financement de la campagne électorale par des dons ne dépassant pas le seuil autorisé par la loi électorale sauf que ces dons sont tellement nombreux qu’ils finissent par constituer des sommes plus que confortables.  Donc question moyens financiers ou matériels le parti de Hassani s’en tire très bien.  Le troisième candidat, en l’occurrence, Youcef Aouchiche fait quant à lui figure de parent pauvre. Le FFS même quand il était dirigé par le défunt Hocine Ait Ahmed , son fondateur, devait sa réputation de grand parti d’opposition politique grâce à son aura d’un des grands dirigeants de la révolution algérienne mais aussi à refusé de cautionner la confiscation des idéaux de novembre par quelques uns de ses amis et pairs. Son  exil en Suisse fit de lui le principal opposant de l’Algérie post -indépendance. De plus le FFS faisait partie de l’internationale socialiste laquelle englobe tous les partis sociaux démocrates européens. Question trésorerie interne de ce parti  il n’y avait que les contributions des militants vivant en Kabylie inscrits ou non au parti et celles d’une grande partie de l’émigration vivant en France. C’était  uniquement des petites sommes d’argent qui permettaient tout juste à faire fonctionner administrativement le parti  et le maintenir en vie. Le défunt Ait Ahmed avait  obstinément refusé toute aide financière de l’étranger pourtant il résidait dans le pays des banques et des transactions financières de toutes sortes.  Cela n’a jamais été le cas de tous les partis islamistes et c’est là où se situe la différence.  Le roseau inflexible qu’était  Ait Ahmed suscitait l’admiration de ses ennemis politiques au sommet de l’Etat algérien (Benbella, Boumediene et dans une moindre mesure les suivants) qui reconnaissaient en lui l’honnêteté et le nationalisme qui l’ont toujours animé malgré sa farouche opposition politique dirigée contre eux. A sa mort  la relève fut des plus éprouvantes, le parti qu’il laissa cherchait ses marques. A l’intérieur de cette formation il y avait des luttes intestines qui retardaient cette recherche vers une ligne de conduite commune. Youcef Aouchiche réussit en fin de compte à se réconcilier avec ses adversaires à l’intérieur du parti en leur faisant comprendre que le FFS désiré par son fondateur devait accéder à un destin national et non régional et qu’en tant que tel il devait s’adresser à tous les Algériens du nord ,du sud, de l’est et de l’ouest. La présentation de sa candidature d’ailleurs saluée par le président sortant est le début d’un parcours totalement rénové, s’inscrivant dans le cadre de cette nouvelle Algérie qui est en train de prendre forme.

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