Jijel, anciennement connue sous le nom de Djidjelli à l’époque coloniale, se présente aujourd’hui comme une ville en plein essor, située à l’est de la Petite Kabylie, et considérée comme la capitale historique de la confédération berbère des Kutamas.
Nichée sur la côte méditerranéenne, à environ 314 km à l’est d’Alger, cette ville algérienne est bien plus qu’un simple port; elle est un véritable trésor pour les amateurs de nature, d’histoire et de culture. Jijel, avec son relief principalement montagneux, abrite les plus vastes forêts de liège en Algérie, notamment dans le parc national de Taza. Cette région, encore largement vierge, est un havre pour les amoureux de la nature, bien que les risques d’incendies estivaux menacent chaque année cet héritage écologique. Adossée au massif du Mont Babor et bordée par la mer Méditerranée, la ville offre un paysage contrasté entre montagnes imposantes et plages paradisiaques. L’histoire de Jijel est riche et complexe, marquée par des influences phéniciennes, romaines, byzantines, et plus tard ottomanes. Chaque époque a laissé sa marque, façonnant une identité unique qui se reflète dans les vestiges historiques et la culture locale. La Casbah, bien que partiellement détruite par un séisme en 1856, témoigne de l’importance stratégique de la ville à travers les siècles. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent encore ressentir l’atmosphère d’antan en parcourant les rues de la vieille ville et en découvrant des monuments comme la statue du pêcheur, véritable symbole du patrimoine jijelien.
Un Pôle Touristique en Pleine Croissance
Depuis les années 2000, Jijel a connu un véritable boom touristique. Ses plages, telles que celle de Kotama, attirent chaque été des milliers de vacanciers venus des quatre coins du pays, en particulier du sud, en quête de fraîcheur et de dépaysement. La ville, autrefois tranquille, est désormais une destination incontournable pour ceux qui cherchent à allier détente et découverte culturelle. Toutefois, cette affluence croissante pose la question de la capacité d’accueil de la ville. Jijel doit relever de nombreux défis pour continuer à attirer et satisfaire les visiteurs. Le développement de son infrastructure touristique, la modernisation des services, et la valorisation de son patrimoine culturel sont autant de priorités pour transformer le tourisme en un levier économique durable. Avec ses 25 hôtels, 20 campings, et 5 agences touristiques, la ville dispose déjà d’une base solide, mais elle doit désormais viser plus haut pour se positionner comme une destination de choix en Méditerranée. Malgré les transformations rapides, Jijel a su conserver son âme. La culture Kutama reste vivante, et les traditions culinaires comme le « seksou bel hout », un couscous au poisson, témoignent de la richesse gastronomique de la région. De même, les genres musicaux tels que le chaabi et la musique arabo-andalouse continuent d’enchanter les habitants et les visiteurs, grâce à des figures emblématiques comme Cheikh Si Tahar Benjaballah. En conclusion, Jijel est bien plus qu’une simple station balnéaire. C’est une ville au riche passé historique, dotée d’un patrimoine naturel exceptionnel, et en pleine transformation pour répondre aux exigences d’un tourisme moderne et durable. Pour ceux qui cherchent à vivre une expérience authentique en Algérie, Djijel est sans aucun doute une destination à découvrir et à redécouvrir.
Par Mohamed Tahar Aissani
