La situation actuelle d’Air Algérie, autrefois symbole de fierté nationale, est aujourd’hui l’objet de critiques de toutes parts. Les retards à répétition, les annulations de vols sans préavis, et l’absence totale de prise en charge des passagers sont devenus monnaie courante.
La gestion déplorable de cette entreprise publique soulève des questions non seulement sur son avenir, mais aussi sur l’impact plus large sur l’économie et la dignité des citoyens. Des voyageurs abandonnés à leur sort dans des aéroports, sans aucune information ni assistance, témoignent de cette réalité amère: récemment, un vol en provenance de Valence, Espagne, a été annulé après plusieurs heures d’attente sans explication. Ce n’est pas un cas isolé. À Constantine, un autre vol a été retardé de plus de quatre heures, sans qu’une simple bouteille d’eau ne soit offerte aux passagers. Ces événements révèlent une défaillance systémique qui dépasse la simple incompétence. Beaucoup se demandent si cette gestion n’est pas le résultat d’une véritable conspiration contre le citoyen algérien. L’accusation de complot peut sembler extrême, mais lorsqu’on observe l’impact de cette mauvaise gestion sur l’économie nationale, sur le moral des citoyens, et sur l’image de l’Algérie à l’international, il est difficile d’écarter cette hypothèse. Ce laxisme apparent et l’absence de sanctions pour les responsables de ces désastres nourrissent la suspicion d’une volonté délibérée de nuire. Mais où est la solution? Certains estiment qu’il est grand temps que des réformes profondes soient engagées. Ouvrir le secteur du transport aérien aux investisseurs privés, comme l’a promis le Président de la république M.Abdelmadjid Tebboune, pourrait représenter une bouffée d’air frais pour une entreprise étouffée par l’immobilisme et les pratiques obsolètes. La privatisation et la concurrence pourraient pousser Air Algérie à revoir son mode de gestion et à se tourner vers une approche plus professionnelle et respectueuse des normes internationales. Cependant, l’urgence est ailleurs: il faut mettre fin à cette ère de l’impunité. Le pays ne peut plus tolérer des dirigeants qui, par leur incurie, compromettent l’intérêt national. La justice doit agir avec fermeté et exemplarité, car chaque retard, chaque vol annulé, chaque passager abandonné à son sort est un coup porté à la confiance des citoyens envers leurs institutions. La grande question reste alors: combien de temps encore ce chaos va-t-il perdurer avant que des mesures concrètes ne soient prises ?
Par Mohamed Tahar Aissani
