Le discours du président Tebboune après avoir prêté le serment d’investiture a été globalement apprécié par les forces politiques en place dans le pays. Le chef de l’Etat a, en effet, annoncé qu’un dialogue politique sans exclusion aucune est désormais possible. La nouvelle a été favorablement accueillie par les partis politiques se réclamant de l’opposition.
Juste après avoir prêté le serment constitutionnel et prononcé un discours dans lequel il réitère les promesses faites lors de sa campagne électorale, le président de la république a reçu les chefs des partis MSP et FFS. Auparavant le chef de l’Etat leur a adressé un message dans lequel il les remercie d’avoir mené une campagne électorale exemplaire et digne de grands responsables de grands partis politiques auxquels il voue un grand respect. Dans son discours d’investiture le chef de l’Etat qui a longuement parlé d’économie et les grands projets qu’il entend initier pour faire entrer l’Algérie dans le cercle des pays émergents a abordé un thème qui était absent lors de l’exercice de son premier mandat, celui d’un dialogue inclusif n’excluant aucune bonne volonté de participation à un débat politique pour peu que le débat contradictoire s’inscrive dans la continuité des principes immuables de l’Algérie dont le cadre précis est la déclaration de novembre. Au cours du premier mandat présidentiel l’urgence consistait à rétablir un ordre institutionnel largement lézardé par vingt années de pouvoir personnalisé qui avait engendré une oligarchie prédatrice entourée d’une pléiade d’apparatchiks politiques qui soutenaient sans sourciller tous les détournements de l’argent public et tous les actes majeurs de corruption qui avaient mené le pays au bord du gouffre. La mission de ce président élu juste après le dégagement par le peuple de ce système de gouvernance était avant tout organisatrice d’un ordre constitutionnel et institutionnel qui ne tolérait plus d’interférence quelle que soit son apparence dans les décisions prises par les trois pouvoirs désormais séparés que sont l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Après avoir remis sur rail le nouveau système de gouvernance le septième président algérien élu au suffrage universel, qui n’est autre que l’actuel président passa à l’urgence suivante, celle de réformer profondément l’économie du pays en l’ouvrant sur le monde extérieur et à la modernité. Il abrogea toutes les entraves qui bloquaient l’économie nationale qui profitaient à une oligarchie gloutonne et prédatrice. Il institua la transparence dans le traitement des affaires de l’Etat et mit fin à la rente exclusive provenant des hydrocarbures en encourageant l’exportation d’autres produits nationaux hors hydrocarbures. En l’espace de seulement deux années il changea radicalement le paysage économique de l’Algérie, aujourd’hui perçue avec grand sérieux par la plupart des institutions financières mondiales. C’est donc muni de tels résultats encourageants que le président de la république investi une seconde fois par la confiance du peuple envisage de compléter le nouveau visage de cette Algérie jeune de par sa population en ouvrant la scène politique à tous ceux , partis ou personnalités indépendantes qui désirent œuvrer à l’émancipation et l’épanouissement de ces millions d’Algériennes et d’Algériens dans un Etat de droit régi par des règles démocratiques où les libertés publiques et individuelles n’apparaitront plus jamais comme contradictoires. Le pari est audacieux mais pour le nouveau et en même temps ancien président il est possible.
