Le tourisme médical en Algérie est en pleine expansion, positionnant le pays comme une destination de choix dans ce secteur en mutation rapide.
Lors du 1er Congrès international dédié au tourisme médical, organisé à l’hôtel El Aurassi en septembre 2024, plusieurs défis majeurs ont été mis en lumière par les professionnels du secteur, notamment l’implication insuffisante des secteurs clés tels que les transports, les banques, les assurances et la sécurité sociale. L’Algérie se distingue par ses infrastructures médicales modernes, ses cliniques privées en plein essor et son personnel médical formé à l’international. Ces avantages permettent au pays de concurrencer d’autres destinations majeures, en offrant des soins de qualité à des coûts abordables. Toutefois, pour exploiter pleinement ce potentiel, la coopération entre les différents acteurs économiques est cruciale. La proximité géographique de l’Algérie avec l’Europe, ses infrastructures modernes, et une volonté politique de promouvoir le secteur, sont des atouts indéniables. Cependant, pour devenir une référence dans le domaine, une meilleure coordination avec les secteurs des transports, des banques et des assurances est nécessaire.
Comparaison avec la Turquie : Un modèle inspirant
La Turquie, pionnière dans le tourisme médical, offre un modèle de développement rapide et structuré. Grâce à des investissements massifs de plus de 50 milliards de dollars sur 20 ans dans des hôpitaux ultramodernes et des technologies médicales de pointe (comme le CyberKnife ou la chirurgie robotique Da Vinci), le pays s’est imposé comme l’une des principales destinations mondiales du tourisme médical. Le Conseil Turc du Tourisme Médical (THTC), créé en 2005, a joué un rôle central dans cette expansion. Il regroupe plus de 375 établissements médicaux et touristiques, opérant dans 92 pays. Avec un réseau mondial, la Turquie a accueilli près de 1,5 million de patients internationaux en 2021, générant des revenus de 15,1 milliards de dollars. Comparativement, l’Algérie doit encore renforcer ses efforts pour atteindre un tel niveau de développement, notamment en termes de partenariats stratégiques et de simplification des procédures d’entrée (comme la délivrance rapide de visas médicaux, adoptée en Turquie).
Les défis algériens à surmonter
Le principal obstacle reste le manque de coordination entre les différents secteurs. L’Algérie dispose de 35 aéroports internationaux et d’un réseau de transports relativement développé, mais la mobilité pour les patients internationaux reste complexe. De plus, les banques et assurances doivent s’impliquer davantage, en offrant des services adaptés aux transactions internationales et des couvertures spécifiques pour les soins médicaux. La Turquie, de son côté, a su capitaliser sur des conventions bilatérales efficaces, rendant ses services accessibles à un large public étranger. Le congrès a également soulevé la question du cadre éthique. L’Algérie s’efforce d’adopter des normes internationales, à l’instar de la Turquie qui, depuis 20 ans, suit des normes strictes d’accréditation et de qualité. Le secteur public et privé doivent collaborer pour assurer la transparence et la sécurité des patients étrangers, évitant ainsi les dérives commerciales que certains pays ont pu connaître. Le potentiel du tourisme médical en Algérie est prometteur, mais il repose sur une collaboration efficace entre tous les acteurs économiques. En prenant exemple sur des pays comme la Turquie, qui a réussi à combiner infrastructures modernes, technologie médicale avancée et stratégie commerciale, l’Algérie pourrait se positionner durablement comme une destination médicale de premier plan. Une meilleure coopération entre les secteurs des transports, des banques et des assurances, ainsi qu’un cadre éthique solide, permettront à l’Algérie de concrétiser ses ambitions et de rivaliser avec les grandes destinations internationales comme la Turquie et Dubaï.
Par Mohamed Tahar Aissani
