Les jeunes nationaux ne veulent pas travailler dans le bâtiment qui est en pleine expansion. Ils trouvent que les conditions de travail sont pénibles: Six jours sur sept, une paie bien maigre au regard du travail qu’on leur demande de fournir et l’absence de toute couverture sociale. Les entrepreneurs et promoteurs locaux ou chinois ont donc trouvé la parade, celle du recrutement de migrants africains corvéables à merci.
Ces migrants venant du Sahel et au-delà ont donc trouvé dans cette Algérie en pleine croissance économique le moyen de gagner leur vie sans avoir à traverser la Méditerranée, y mourir pour certains d’entre eux ou être en attente d’expulsion sur l’autre rive dans cette Europe qui ne veut plus d’eux. La Libye, la Tunisie et le Maroc ont toujours été des terres de transition vers le vieux continent situé en face et séparé par la Méditerranée. Ce n’est plus le cas depuis ces deux dernières années où les gouvernements de ces pays refoulent sans ménagement ces flux ininterrompus de migrants d’origine africaine. Les conditions dans lesquelles vivent ces migrants se durcissent de jour en jour. En Libye ils sont des milliers à être parqués dans des centres de rétention qui ont surtout l’air d’être des prisons au lieu des aires d’accueil. En Tunisie la population commence à être excédée par la présence de ces étrangers à la peau noire selon l’expression couramment utilisée là bas. On pourchasse tous ceux qui ont le malheur de fouler de leurs pieds les centres ville des grandes agglomérations, comme Tunis, Sfax ou Sousse. Bref ces africains ne sont plus les bienvenus en Libye et en Tunisie. Au Maroc où ils ne faisaient que traverser très rapidement le pays pour atteindre l’enclave de Ceuta et de Melilla ils sont désormais arrêtés régulièrement par les forces de police marocaines dans leur exode vers ces villes sous autorité espagnole. En fait le Maroc agit envers ces migrants africains différemment que la Libye et la Tunisie. Le Makhzen utilise cette migration comme un moyen de pression envers l’Espagne dont les derniers agissements de Madrid en ce qui concerne le Sahara occidental ne plaisent pas à Rabat. Alors le roi lâche quand il le juge opportune la horde migratoire, la laissant atteindre l’enclave sous autorité espagnole mettant ainsi dans une immense gêne la Guarda civile qui est obligée de réprimer durement tous ceux qui gravitent ce mur séparant le territoire marocain de l’enclave proprement dite. C’est ainsi que le Makhzen joue au chat et à la souris avec l’Espagne pour tenir en laisse Madrid, au détriment bien sur de ces africains qui ne sont pas considérés comme des hommes d’un coté comme de l’autre. Le seul pays qui, dès l’indépendance a pratiqué une tolérance zéro envers toute migration africaine dont l’objectif est de traverser l’immense territoire qui le sépare du Sahel et tout pays qui se situe au delà est l’Algérie. Notre pays permet seulement de recevoir à titre humanitaire les migrants nigériens qui font, au reste, des allées et venues sans causer aucun problème. Depuis quelque temps pourtant nous assistons à l’arrivée de migrants venus d’au-delà du Sahel. C’est un type de migration qu’on peut désigner comme sélective puisque ses membres qualifiés ou pas ne rechignent pas à refuser des offres de travail connues pour leur pénibilité. Ils sont de plus en plus nombreux à traverser la frontière, probablement munis d’offres de travail en bonne et due forme. Le bâtiment qui est en pleine expansion utilise aujourd’hui cette main d’œuvre bon marché qui n’est guère exigeante. L’Algérie deviendra t-elle dans un avenir proche et plein de promesse de croissance une terre de main d’œuvre africaine ?
