L’Université des Sciences et de la Technologie d’Oran – Mohamed Boudiaf (USTO-MB), en collaboration avec l’Université Alger 1 Benyoucef Benkhedda, s’apprête à conclure en beauté le projet DIGITAQ. Ce programme phare, financé par Erasmus+, marque une étape cruciale vers la modernisation de l’assurance qualité (AQ) dans l’enseignement supérieur algérien.
La conférence finale, qui se déroulera les 1er et 2 octobre 2024 à l’hôtel New Day à Alger, mettra en lumière les avancées significatives réalisées dans ce domaine grâce à la digitalisation. Le projet DIGITAQ ambitionne de moderniser et d’automatiser les processus d’assurance qualité au sein des établissements universitaires algériens, avec comme finalité de garantir une évaluation plus précise, transparente et conforme aux standards internationaux. Cette initiative arrive à un moment critique, alors que le système universitaire algérien cherche à s’adapter aux exigences d’une économie de la connaissance globalisée, où la qualité de la formation, l’innovation, et l’efficience des établissements deviennent des critères essentiels de compétitivité.
Grâce à un système d’information intégré, connecté à une base de données nationale, les universités pourront améliorer la gestion, l’évaluation et la prospective de la qualité. Ce passage au numérique, s’il est bien mené, pourrait permettre à l’Algérie de se hisser parmi les systèmes universitaires les plus performants du continent africain. Le défi le plus évident reste la modernisation des processus d’assurance qualité. À l’heure actuelle, la majorité des universités algériennes peinent à adopter une gestion efficace et transparente des processus éducatifs. La digitalisation, via des plateformes intelligentes, est appelée à changer la donne. Cependant, ce changement n’est pas uniquement technologique. Il s’agit également de repenser la gouvernance des établissements, d’améliorer leur réactivité, et de garantir une évaluation continue des performances académiques. L’un des enjeux majeurs est également l’attractivité internationale. Le système universitaire algérien, en se conformant aux standards mondiaux de qualité, pourrait attirer davantage d’étudiants étrangers, notamment dans le cadre de partenariats euro-méditerranéens ou interafricains. Cela permettrait non seulement de générer de nouvelles sources de revenus pour les universités, mais aussi de renforcer la diplomatie scientifique algérienne.
Les défis : infrastructures, compétences et résistance au changement
Toutefois, plusieurs défis restent à relever. Le premier concerne les infrastructures. Pour que la digitalisation de l’assurance qualité soit une réussite, les établissements devront disposer de réseaux numériques performants et sécurisés. En parallèle, la formation du personnel académique et administratif à l’usage de ces nouvelles technologies sera cruciale pour éviter une adoption inégale des outils proposés. Un autre défi, et non des moindres, est la résistance au changement. Les réformes introduites par le projet DIGITAQ risquent de rencontrer des obstacles, notamment du fait d’une réticence institutionnelle à bouleverser des habitudes bien ancrées. La transformation digitale ne pourra aboutir qu’avec une forte volonté politique et une adhésion collective au sein du monde universitaire. Le projet DIGITAQ s’inscrit dans la stratégie numérique plus large de l’enseignement supérieur en Algérie. Il représente un jalon essentiel pour l’amélioration continue de la qualité des universités algériennes, tout en leur permettant de répondre efficacement aux défis du XXIe siècle. La capacité des établissements à suivre ce mouvement est déterminante pour l’avenir de l’éducation en Algérie, alors que le pays se positionne comme un acteur incontournable de la formation supérieure en Afrique et au-delà.
En somme, la digitalisation de l’assurance qualité dans l’enseignement supérieur est un levier de modernisation qui peut transformer en profondeur les universités algériennes. Mais, au-delà de la technologie, c’est la capacité de ces universités à s’ouvrir au monde, à innover dans leur gouvernance, et à préparer les générations futures aux défis économiques globaux qui déterminera leur succès.
Par Mohamed Tahar Aissani
