Algérie-France :La confiance s’éloigne de plus en plus

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L’annulation du voyage d’Etat que devait effectuer le présidentTebboune en France ce mois –ci est l’indice le plus probant de la perte de confiance qu’éprouve aujourd’hui le chef de l’Etat algérien vis-à-vis de son homologue français. Abdelmadjid Tebboune a visiblement été déçu par le volte –face d’Emmanuel Macron à propos de la question sahraouie. La pilule reste amère.

Ce voyage prévu de longue date devait marquer une nouvelle page dans les relations entre les deux pays qui ont toujours été en dents de scie depuis l‘indépendance de l’Algérie. Tout laissait à penser que les deux chefs d’Etat fondaient de grands espoirs. Le voyage idyllique du président français en Algérie deux ans auparavant et les entrevues téléphoniques régulières entre les deux présidents qui se parlaient au sujet de tout ont brusquement basculé lors de leur rencontre à Barri au sommet du G7. C’est au cours de la rencontre non programmée qui eut lieu dans la résidence du chef de l’Etat algérien  qu’Emmanuel Macron annonça à son homologue sa décision de reconnaitre le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental . C’est à partir de ce moment là qu’Abdelmadjid Tebboune comprit que ce président français qu’il croyait sincère et différent des autres quant à son appréciation des rapports entre l’Algérie et la France était en fait un personnage difficile  à saisir tant sur le plan émotionnel que sur le plan politique. En disant des choses et en faisant tout le contraire, cela révélait une complexité personnifiée évidente . D’ailleurs la décision de ce président de dissoudre l’Assemblée nationale française à un moment où rien de fondamental ne l’exigeait, prenant ainsi de court tout le personnage politique de son pays y compris son propre parti démontre à qui veut le penser que ce président ne fonctionnait pas normalement et c’est le moins que l’on puisse dire. Cette manière de se comporter genre « Docteur Jekkyl, Mister Hide » va encore se confirmer quand Macron dépêcha  à Alger sa conseillère spéciale pour les affaires du moyen –orient et de l’Afrique du nord où elle rencontra le président Tebboune dans le but de désamorcer la bombe à retardement qu’il avait mise en fonctionnement dès l’annonce par l’Elysée de la reconnaissance de la souveraineté marocaine du territoire sahraoui. Cette manière de souffler le chaud puis le froid est d’ailleurs une particularité de ce président qui n’arrive pas à définir avec la précision voulue la politique de la France. Les reproches faits à son encontre par ses amis et alliés dont un qui ne passe pas inaperçu, s’agissant de Dominique de Villepin, prouvent que son maintien à son poste de président de la France jusqu’en 2027, n’arrangera pas du tout les choses. En ce qui concerne les rapports de la France avec l’Algérie il y a manifestement une perte de confiance, encore une de plus, qui se manifeste depuis 62 ans entre les deux pays et c’est toujours la France qui en est la cause. Actuellement dans le trouble qui secoue la politique intérieure française où tous les repères identifiants de jadis sont brouillés la relation entre les deux pays s’est encore envenimée avec l’intervention de plus en plus outrancière de la droite et de l’extrême droite contre l‘Algérie. Non  décidément les choses sont loin de s’arranger entre les deux pays.

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