La Dérive de l’exploitation de la médecine alternative :Un phénomène à dénoncer

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En Algérie, la prolifération des centres de médecine alternative, soulève de sérieuses questions sur l’éthique, la sécurité et la légitimité des pratiques qui y sont promues.

 

Si la médecine traditionnelle peut avoir ses bienfaits, l’inquiétude grandit face à l’instrumentalisation commerciale de méthodes comme la rouqia (exorcisme) ou la hijama (saignée thérapeutique), souvent présentées comme des solutions miraculeuses pour des problèmes de santé complexes. Ce centre, à travers ses publications sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook, propose une panoplie de « soins » allant de la prise en charge spirituelle (exorcisme pour sorcellerie et possession) à la guérison de maladies diverses telles que la stérilité, les problèmes digestifs, et même la dépression. Ces pratiques, bien qu’enracinées dans certaines croyances culturelles, manquent cruellement de fondements scientifiques solides et sont souvent associées à des méthodes douteuses. Par exemple, ils annoncent des formations à la hijama, pratiquée par des personnes non qualifiées médicalement, sous prétexte de débouchés professionnels prometteurs. L’offre de certificats « reconnus » pour des traitements tels que la ventouse, la fouta nariyah (technique de massage avec des serviettes chaudes) ou encore l’utilisation du Sham’h al-Hopi (bougies auriculaires), frôle l’arnaque. Ces pratiques, loin d’être encadrées par des autorités médicales reconnues, sont mises en avant comme des cures universelles sans aucune base scientifique vérifiée. Ces centres se permettent également de promouvoir des soins pour des affections aussi sérieuses que les troubles de la fertilité, les problèmes digestifs chroniques, et même des « blessures spirituelles » telles que le moss ou la sorcellerie. Cette tendance est particulièrement inquiétante car elle détourne de nombreux patients vulnérables des soins médicaux conventionnels, retardant ainsi un diagnostic approprié et un traitement efficace. Les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la diffusion de ces pratiques. Avec des milliers de vues sur leurs vidéos, ces centres parviennent à attirer une large audience, notamment des individus cherchant désespérément une solution à leurs problèmes de santé. En mélangeant les promesses spirituelles et les traitements pseudo-médicaux, ces centres parviennent à créer une confusion et une dépendance chez des personnes fragiles, souvent mal informées sur la distinction entre pratiques religieuses et soins médicaux vérifiés.
En Algérie, il est impératif que les autorités sanitaires et les organes de régulation prennent des mesures pour encadrer et surveiller de près ces établissements. La médecine alternative, bien qu’elle puisse offrir un certain confort ou soulagement à des niveaux limités, ne doit pas remplacer une prise en charge médicale sérieuse, surtout lorsque la vie des patients est en jeu. Les professionnels de la santé doivent sensibiliser davantage le public sur les dangers de ces pratiques non encadrées et encourager les patients à consulter des médecins qualifiés pour leurs problèmes de santé. Il est temps de dénoncer cette exploitation commerciale de la détresse des patients et de protéger les citoyens des dérives dangereuses qui peuvent survenir dans ce type d’établissements.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

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