La célébration de la journée nationale de la presse tous les 22 octobre est devenue une tradition. Elle est célébrée chaque année dans tous les chefs lieux de wilayas. A Alger sa dimension a une allure nationale et c’est normal car les grands médias nationaux ont leur siège dans la capitale. Néanmoins la presse régionale qui a pris une ampleur considérable ces dix dernières années célèbre à sa manière cette consécration de la plume, de l’image et de la parole.
Huit jours nous séparent du 70 ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée qui se transformera en guerre pour l’indépendance de cette Algérie, plongée dans une nuit coloniale qui a duré cent trente deux années. Le premier journal du combat pour la libération de l’Algérie du joug colonial parut en 1956 a pour titre «El Moujahed ». Il circulait sous le manteau car si la police française en prenait possession chez toute personne qui le cachait celle –ci est vite embarquée et emprisonnée pour apologie du terrorisme. Cela n’empêchait nullement sa circulation au niveau de l’élite algérienne qui a eu la chance d’être scolarisée. En vérité il y avait peu d’Algériens qui avaient le bac en cette époque. Alors que dire de ceux qui avaient eu la chance de fréquenter l’université, ils se comptaient sur une ardoise. Par ailleurs il n’y avait qu’une seule université celle d’Alger, celles de Constantine et d’Oran étaient des annexes ne fonctionnant qu’avec une ou deux filières. Alors ceux qu’on appelait musulmans , habitant les villes et villages , eux, se rabattaient chaque soir sur la radio en écoutant « Saout El Arab » qui commençait avec cette introduction « Houna saout El ahrar » Malgré le brouillage et le parasitage de la fréquence de cette radio qui émettait à partir du Caire, les patriotes algériens écoutaient religieusement les informations diffusées sur des postes radio souvent rafistolés car la vente des postes était soumise une règlementation des plus strictes pour la population musulmane d’Algérie . Il fallait avoir ses entrées au niveau de la préfecture ou de la sous préfecture pour se procurer l’autorisation d’acheter un poste neuf dans un grand magasin d’électro ménager qui commençaient à faire leur apparition. La plupart du temps les Algériens qui avaient les moyens, souvent les commerçants, achetaient ces postes radio chez les pieds-noirs qui n’étaient pas soumis, quant à eux, à aucune restriction. Ces derniers voulant acheter du neuf vendaient alors leurs postes usagers à ces « pauvres musulmans ». Tel était l’accès à l’information pour la population musulmane d’Algérie qui n’achetait pas du tout ou peu les journaux français comme « l’Echo d’Alger » « L’Echo d’Oran « « La Dépêche de Constantine » ou « La Dépêche de l’Est » (paraissant à Bône). Au lendemain de l’indépendance « El Moujahed » devient « El Moudjahid » paraissant en français et « Ech Chaab » en arabe. A l’époque la langue française était dominante A partir des années soixante dix et des décennies suivantes le lectorat arabe est devenu prépondérant et dépassait largement en titres les journaux de langue française. Le lectorat arabophone se compte actuellement par millions celui francophone par milliers. Il se comptera dans peu de temps en centaines.
