L’accord d’association entre l’Algérie et l’Union européenne n’a pas tenu ses promesses. Le déséquilibre persistant de la balance commerciale en défaveur de l’Algérie et l’absence d’investissements européens significatifs dans le secteur productif témoignent des limites de ce partenariat.
C’est dans ce contexte que les autorités algériennes ont engagé des pourparlers avec Bruxelles pour réviser en profondeur les termes de cet accord, avec l’ambition d’établir une coopération plus équitable et mieux adaptée aux enjeux actuels. En effet, les autorités algériennes se préparent activement à la révision de l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), qui n’a pas produit les résultats escomptés depuis sa signature en 2005. Plusieurs groupes de travail sont mobilisés pour mener à bien cette révision, a affirmé Samir Derradji, Directeur général par intérim du commerce extérieur au ministère du Commerce et de la Promotion des exportations. «Il y a des groupes qui travaillent sur ce dossier et chaque groupe se charge d’une question donnée », a-t-il déclaré lors de son passage à la radio nationale, ajoutant : «Le travail est en marche et nous avançons.» M. Derradji a également précisé que le dialogue avec le partenaire européen est « maintenu, sans rupture ». Il a tenu à souligner que « tous les aspects concernant cet accord sont pris en charge », et que la révision implique non seulement le ministère du Commerce, mais aussi d’autres départements ministériels concernés par le dossier. L’accord de 2005 n’a pas permis à l’Algérie de tirer profit de ses échanges avec l’UE, notamment en ce qui concerne les exportations hors hydrocarbures. En effet, sur les dix premières années, ces exportations n’ont même pas atteint 14 milliards de dollars, alors que les importations en provenance de l’Europe se sont élevées à environ 220 milliards de dollars. Ce déséquilibre commercial a motivé la réévaluation de l’accord. Selon le Directeur du commerce extérieur, plusieurs évaluations ont été faites, notamment celle de 2015 qui n’a « malheureusement pas donné grand-chose ». La réévaluation de 2022, faite à la demande du Président de la République, a permis de poser les bases pour une révision « clause par clause » de l’accord. Malgré le bilan mitigé de cet accord, M. Derradji a assuré que la partie européenne est disposée à renégocier. «L’UE n’est pas prête à perdre l’Algérie en tant que client potentiel », a-t-il affirmé, ajoutant que cette fois-ci, les erreurs du passé seront rectifiées. La révision prendra un tournant différent, avec une attention particulière aux prérogatives algériennes. « Nous allons jouer dans ces négociations sur les atouts de l’Algérie », a souligné M. Derradji, en référence aux dotations naturelles, aux avantages comparatifs et à la jeunesse du pays. L’Algérie, selon lui, est « en position de force » et ces négociations vont la préparer à devenir un acteur économique majeur à l’avenir. « Nous sommes en phase de préparation », a-t-il affirmé, tout en évoquant « l’affaire d’El Mordjane » qui a permis de mettre en lumière les enjeux à venir. Bien que l’Algérie ne soit pas encore un grand exportateur, les perspectives semblent encourageantes. Cette révision de l’accord d’association avec l’UE marque un tournant important dans la stratégie économique algérienne. Les autorités sont déterminées à corriger les déséquilibres passés et à exploiter pleinement les ressources et le potentiel du pays pour s’imposer sur la scène internationale.
Par Kheireddine Boukhalfa
