Décidemment pour l’entreprise nationale de sidérurgie dont le siège social est situé à Chaiba dans la commune de Sidi Amar les malheurs se suivent et gagnent en intensité. Une entreprise qui a fait le bonheur de milliers d’Algériens durant des décennies est aujourd’hui qualifiée de Géant aux pieds d’argile.
En fait cette appellation lui collait depuis des lustres mais s’était aggravée depuis le jour où feu Chettih Messaoud son PDG et ses onze collaborateurs ont été trainés injustement dans la boue par un ex chef du gouvernement qui, lui-même, est actuellement en train de goûter ce qu’il a fait subir aux milliers de cadres de valeur entre autres ceux de l’ex ENAPAL, NACHCO, SIDER entre autres et la liste est bien longue. Cependant l’arrestation des cadres de Sider en ce mois de février de l’année 1996 a défrayé la chronique en son temps. Des centaines voire des milliers de cadres de différents secteurs ont vécu le même calvaire. Pour SIDER les onze cadres qui constituaient l’ossature de l’entreprise qui faisait autrefois la pourvoyeuse de richesse et absorbait le chômage de toute une région est devenue subitement un cauchemar pour ces milliers de travailleurs qui ont été éjectés dans la rue grossissant un bassin de l’emploi sans débouchés avec la complicité d’un syndicat assassin sous le prétexte de départ volontaire. Cette pratique illégale a saigné l’entreprise de toute sa compétence pour donner libre cour au gouvernement Ouyahia pour céder le complexe d’El Hadjar à Mittalstell pour un dinar symbolique. Le complexe d’El Hadjar dont la capacité de production nominale était de « un million de tonnes d’acier liquide » tournait à l’époque de Messaoud Chettih à hauteur de huit cent mille tonnes et n’a atteint les neuf cent cinquante mille qu’une seule fois en 1987 pour se stabiliser à huit cent mille tonnes. SIDER, sous la direction de Messaoud Chettih qui a succédé à Fayçal Boudraa désigné à l’époque Ministre de l’industrie, était leader du continent africain et Messaoud Chettih était à la tête de l’Union Arabe du Fer et de l’Acier (UAFA) en plus qu’il était fondateur et Président de l’Union Nationale des Entreprises Publiques (UNEP). Sider imposait respect et considération et était la locomotive des entreprises publiques algériennes. Les années 90 ont connu des influences sur l’entreprise par la mise en place graduelle d’un système de filialisation qui a donné naissance à une quinzaine de nouvelles entreprises autonomes allégeant ainsi SIDER d’un grand fardeau et la laissant se consacrer à son métier de base qu’est la production de l’acier et ses dérivés. En se déchargeant ainsi des métiers secondaires en rendant autonomes dans leurs gestions les filiales ainsi créées, cette situation promettait Sider à un rang qui a quelque peu gêné les fossoyeurs de cette entreprise aux visées sordides dont l’objectif était à l’époque la privatisation de ce géant de l’acier et pour ce faire il faut battre sa colonne vertébrale constituée par son staff directionnel. Mais l’arrestation de ces dirigeants n’avait pas altéré le processus de filialisation et ceci arrangeait bien Ouyahia qui s’attendait à un complexe rodé au cœur de son métier de base facilitant ainsi la transaction avec MittalStell. C’est de là qu’a commencé la chute de l’entreprise avec la condamnation pour des motifs d’accusation imaginaires, à des années de prison ferme dont 8 années pour Chettih Messaoud. Des accusations qui ont été balayées par la cour d’appel d’Annaba après l’élection en 1999 d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’Etat, prononçant l’acquittement de l’ensemble des cadres aujourd’hui tous décédés. Vint ensuite une autre affaire celle du mois de mars du groupe Imetal de son président Tarek Benslama au coté du DG du goupe Sider Lakhdar Aouchiche ainsi que trois autres cadres actuellement en prison pour des accusations aussi graves les unes que les autres à savoir «dilapidation de deniers publics, abus de fonction, octroi d’indus avantages à des tiers lors de la passation de marchés publics, abus de fonction, blanchiment d’argent et enrichissement illicite » Vingt deux autres personnes sont aussi sous contrôle judiciaire dans cette même affaire en attendant leur procès.
Les arrestations et les scandales se suivent
IMETAL faut-il le rappeler est un groupe public d’industrie métallurgique et sidérurgique. Il regroupe 13 entreprises. Ce groupe fait actuellement l’objet de plusieurs enquêtes pour les motifs suivants: Transactions frauduleuses et détournement de l’argent public. L’affaire est confiée conjointement à la police judiciaire et à la gendarmerie nationale. De hauts responsables du groupe et des filiales seraient impliqués. Ainsi l’interpellation de plusieurs PDG dont celui du complexe d’El–Hadjar actuel et également le PDG de l’entreprise publique FONDAL, filiale du groupe, ceux de CEDAR et d’ENR (récupération) le sont pour des crimes économiques. Ils sont entendus par un juge actuellement à Constantine. On n’est qu’au tout début du commencement des investigations mais l’enquête progresse quand même sinon on n’aurait pas interpellé des PDG aussi importants à l’instar de celui du complexe d’El Hadjar, entreprise appartenant au groupe Sider dont l’ex DG, rappelons–le, est actuellement emprisonné pour des motifs similaires ou en tous cas se rapprochant. Ainsi les affaires de détournement d’argent public, de fraudes en tous genres, de blanchiment d’argent sale et de corruption continuent à faire parler d’elles. Malgré les coups de boutoirs assénés par les services d’investigation à des personnalités sans scrupules qui veulent à tout prix s’enrichir soit pour s’assurer plus de pouvoir au sein de la société soit pour accumuler des sommes considérables d’argent dans l’effet de les convertir en euros ou dollars et les transférer à l’étranger dans des comptes au nom de leurs épouses. Mais revenons à cette affaire de transactions frauduleuses dont se sont livrés des hauts responsables du groupe IMETAL et de ses filiales concernées par ce crime économique qui aurait fait perdre à l’Etat qui est le propriétaire de ce groupe des centaines de milliards. Cela faisait longtemps que ce trafic existait avec certainement des complicités à tous les niveaux. Effet du hasard ou maladresse équivalant à une erreur de calcul on finit par découvrir un manque important de produits qui furent prélevés du stock. On procéda alors à une vérification et on comprit qu’on avait affaire à une érosion importante de produits destinés à la vente. Le pot aux roses est ainsi découvert, ce qui a déclenché cette enquête à haut niveau. Tout au long des investigations les enquêteurs ont compris qu’on a affaire à un réseau bien organisé qui se faisait de l’argent en ne déclarant pas l’origine de celui-ci. Pour la justice qui a pris l’affaire en main il s’agit là de transactions frauduleuses accompagnées de détournement de l’argent public. L’enquête suit son cours.
