La récente « reconnaissance » par Emmanuel Macron de la responsabilité de la France dans l’assassinat du militant algérien Larbi Ben M’hidi résonne comme une nouvelle comédie diplomatique.
Ce martyr, héros inébranlable de la lutte algérienne, a été froidement assassiné alors qu’il était prisonnier, un fait largement documenté par le général Paul Aussaresses et désormais inscrit dans les pages sombres de l’histoire de la France coloniale. Cette admission tardive arrive comme une insulte à la mémoire de Ben M’hidi, qui a refusé de plier, préférant la mort à la soumission. Alors, que signifie réellement cette reconnaissance sans conséquence? Depuis trop longtemps, ces gestes symboliques ponctuels masquent des concessions et des stratégies opportunistes. Macron sait bien que les relations franco-algériennes s’enveniment et qu’il est en difficulté face à des mémoires toujours vivantes, dont l’Algérie réclame enfin justice. À l’heure où le président français semble fléchir sous l’influence du Maroc, cédant sur des dossiers sensibles comme le Sahara occidental, cette soudaine « reconnaissance » envers l’Algérie ressemble davantage à une tentative de diversion. Une diversion qui, loin d’apaiser, accentue le sentiment de mépris à l’égard des martyrs de la lutte de libération algérienne. Aujourd’hui, en ce 70e anniversaire du 1er novembre, jour sacré de l’insurrection pour la liberté, l’Algérie se tient debout et réclame une restitution intégrale de son droit mémoriel. Il est grand temps que la France réponde aux véritables questions et qu’elle prenne des mesures tangibles : nettoyer les terres souillées par les radiations de Reggane, décontaminer les régions affectées par les expériences microbiologiques menées sans le moindre égard pour la vie humaine. Les blessures invisibles infligées aux générations successives d’Algériens ne peuvent être ignorées. La France doit enfin assumer, dans sa pleine étendue, sa responsabilité, et cela passe par des réparations concrètes, des actions qui respectent la mémoire collective des chouhadas et la dignité du peuple algérien. Au-delà des mots, cette reconnaissance exige des actes sincères et non des gestes calculés pour préserver des intérêts. Il est grand temps pour la France de sortir de l’ombre de Canossa et de cesser de prétendre qu’une reconnaissance purement formelle est suffisante. Ce n’est pas en manipulant les mémoires qu’on écrira une page nouvelle dans l’histoire des relations franco-algériennes. Le respect pour Ben M’hidi, pour les martyrs, et pour les générations blessées par l’histoire exige bien plus.
Par Mohamed Tahar Aissani
