Ainsi la décision a été prise de baptiser le complexe sidérurgique d’El Hadjar « Société nationale de sidérurgie » nom sorti des archives de l’histoire. On aurait bien pu choisir « Société bônoise de sidérurgie » et aller encore plus loin dans le passé de la sidérurgie algérienne car celle–ci remonte avant l’indépendance quand la société lorraine fondée par De Wendel choisit le site de l’actuel complexe d’El Hadjar.
Il faut remonter au milieu des années soixante autrement dit après l’indépendance de l’Algérie et le pronunciamiento du 19 juin 1965. La nouvelle équipe dirigeante de l’Algérie dirigée par le colonel Houari Boumediene qui était à la tête du Conseil de la révolution avait mis fin au pouvoir très personnalisé et controversé du premier président de la république Ahmed Ben Bella. Le remplaçant de ce dernier s’était entouré d’un gouvernement progressiste formé d’élites qui voulaient faire de l’Algérie un Etat fort et totalement maitre de ses ressources. En 1967 l’idée consistait à reprendre le projet français issu du fameux plan de Constantine, initié par De Gaulle après son arrivée au pouvoir en 1958 qui consistait à réaliser une unité sidérurgique près de Bône et à proximité de la commune mixte de Duzerville (l’actuelle El Hadjar). Le projet en question avait été confié au lorrain De Wendel qui avait la haute main sur la sidérurgie lorraine. Il s’agissait de transformer le minerai de fer de l’Ouenza dont la production était en surplus et qu’il fallait transformer un tel surplus en produits sidérurgiques dont on ne savait pas encore de quel produit il s’agissait. Bref le dossier était prêt, le site enregistré dans le cadastre, il ne restait qu’à commencer les travaux. En fait l’histoire en décida autrement et tout s’arrêta avec l’indépendance. Au cours des presque trois ans de pouvoir de Benbella on ne parla plus de ce projet d’implantation d’une unité sidérurgique non loin de la ville de Bône rebaptisée Annaba et de l’ex commune de Duzerville rebaptisée elle aussi El Hadjar. En 1967 donc le nouvel exécutif dirigé par le Conseil de la Révolution sortit le dossier des archives et s’y intéressa. La société nationale de sidérurgie venait de naitre et son siège se situait à Annaba. La SNS de l’époque commença par former le personnel qui devait faire tourner la future unité sidérurgique. Les ouvriers (OP et OS) étaient formés au CEFOS (centre de formation des Ouvriers Spécialisés) non loin du Siege de l’actuel groupe de Sider et les techniciens et agents de maitrise dans un centre nouvellement créé qu’on nomma CITAM (Centre interentreprise de techniciens et d’agents de maitrise). Parallèlement à cette structuration de la formation spécialisée tournée vers la sidérurgie on posa la première pierre de l’IMA (Institut de la métallurgie algérienne actuellement université Badji Mokhtar) dont l’objectif étant de former des ingénieurs spécialisés dans ce domaine. Ainsi la pyramide de la ressource humaine devant diriger cette unité sidérurgique était complète. Il ne restait qu’à entreprendre les travaux de ce qui devait être à l’origine une fonderie et une aciérie. En 1969 le président du conseil de la révolution et chef du gouvernement, en l’occurrence Houari Boumediene inaugura le complexe sidérurgique d’El Hadjar. Ce complexe car il en était un avait dépassé l’idée d’avoir une seule fonderie et une seule aciérie. L’idée consistait à l’étendre en créant d’autres unités complémentaires au fur et à mesure de cette extension. En tout état de cause le complexe inauguré en cette année 1969 n’avait pas encore l’envergure qu’il eu au cours de la fin des années soixante dix et de la décennie quatre vingt. L’entreprise qui le dirigeait était la SNS ( Société Nationale de Sidérurgie) dont le siège de sa direction générale se trouvait à Alger rue Daguerre et sa direction du personnel sur les hauteurs d’ Hydra. La SNS prit alors une ampleur dont on ne soupçonnait pas au début de sa création qu’elle allait atteindre une telle ampleur au point de devenir un géant industriel de premier plan dont on prit soin d’en changer le nom qui de SNS est devenu ENS (Entreprise nationale de sidérurgie puis plus tard ENSIDER qui se transforma elle aussi en groupe jusqu’à ce que cet ensemble hors normes connaisse sa descente en enfer avec l’arrestation ou plutôt la décapitation de ses dirigeants qui voulaient pour lui un destin plus grand. Il en a été décidé autrement et le résultat d’aujourd’hui est éloquent avec le retour d’une ancienne formule essentiellement tournée et axée sur le cœur du métier et rien d’autre et qui a retrouvé son nom originel, celui de SNS et dont le siège est à El Hadjar. Alors que devient le groupe Sider ? Qui dirige cette holding fictive puisque son PDG est en prison ? Quel devenir pour ces entreprises qui en font encore partie à l’exception du complexe sidérurgique d’El Hadjar qui est redevenu SNS.
