Quand les prix subventionnés amortissent la flambée mondiale des denrées alimentaires

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En octobre 2024, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont enregistré une hausse significative, selon un rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’indice des prix alimentaires a atteint 127,4 points, marquant une augmentation de 2 % par rapport au mois précédent et de 5,5 % par rapport à l’année dernière.

Malgré cette flambée, les prix restent inférieurs de 20,5 % à leur pic de mars 2022. Ce contexte mondial soulève des interrogations sur la résilience des pays, notamment l’Algérie, face à la volatilité des marchés alimentaires. En Algérie, les prix des produits de base tels que les céréales, l’huile et le sucre sont largement subventionnés par l’État. Ce mécanisme de soutien joue un rôle crucial dans la protection du pouvoir d’achat des citoyens, notamment en période de hausse mondiale des prix. Contrairement à de nombreux pays qui subissent directement les variations des marchés internationaux, les consommateurs algériens sont relativement épargnés grâce à ce système. Cependant, la question se pose sur la soutenabilité de ces subventions face aux pressions économiques. À l’échelle mondiale, les huiles végétales ont été particulièrement touchées, avec une hausse de 7,3 % due à des inquiétudes liées à la baisse de la production mondiale, exacerbée par les effets du changement climatique. En Algérie, les prix subventionnés des huiles comestibles ont permis de contenir l’impact direct de ces hausses. De même, les prix des céréales ont augmenté de 0,9 %, affectés par des conditions météorologiques défavorables dans des pays exportateurs majeurs comme la Russie et par les tensions géopolitiques dans la région de la mer Noire. Cette situation a des implications directes pour l’Algérie, qui reste fortement dépendante des importations de blé pour répondre à ses besoins. Les produits laitiers ont également connu une hausse, portée par une demande croissante, tandis que les prix du riz ont chuté grâce à la levée des restrictions à l’exportation par l’Inde, une opportunité que l’Algérie pourrait exploiter pour diversifier ses sources d’approvisionnement. Bien que les subventions offrent une protection immédiate, elles représentent une charge importante pour le budget national, surtout dans un contexte où les revenus pétroliers et gaziers ne sont pas aussi stables qu’auparavant. Pour l’Algérie, réduire la dépendance aux importations passe par des réformes structurelles, notamment la diversification des cultures locales, le soutien accru aux agriculteurs et l’intégration de technologies modernes pour améliorer la productivité. Malgré les défis, l’Algérie dispose d’atouts considérables pour renforcer sa sécurité alimentaire et devenir moins vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux. Les subventions actuelles, bien qu’efficaces à court terme, devront s’inscrire dans une stratégie plus large visant à garantir une résilience économique et alimentaire durable, tout en maîtrisant les pressions budgétaires liées à ces soutiens.

Par Mohamed Tahar Aissani

 

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