Loi de finances 2025 :Des amendements rejetés qui interrogent l’avenir du marché automobile algérien

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Le débat sur la loi de finances 2025 a ravivé les tensions autour des importations de véhicules d’occasion en Algérie. Entre décisions politiques, enjeux économiques et attentes populaires, les amendements rejetés soulèvent des interrogations sur les orientations stratégiques du gouvernement.
Rejet des amendements-clés : une décision controversée. Parmi les amendements rejetés par la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), plusieurs auraient pu transformer le paysage automobile algérien :  La proposition d’autoriser l’importation de voitures d’occasion âgées de moins de 5 ans, contre 3 actuellement, a été écartée.  L’amendement visant à permettre la revente d’un véhicule importé avant un délai de 3 ans a également été refusé. Les Algériens résidant à l’étranger devront toujours se plier aux restrictions actuelles, notamment l’interdiction d’introduire des véhicules de moins de 3 ans. Ces décisions ont été accueillies avec déception par certains députés, dont Abdelwahab Yaâkoubi, représentant de la diaspora algérienne à Paris. Dans une publication sur les réseaux sociaux, il a critiqué ces rejets, estimant qu’ils empêchent des solutions pragmatiques pour pallier la pénurie de véhicules et la flambée des prix sur le marché national. Le marché automobile algérien souffre d’un déséquilibre criant entre l’offre et la demande. Avec une rareté chronique des véhicules neufs, de nombreux citoyens se tournent vers les voitures d’occasion, un marché étroitement encadré par les autorités. En l’absence d’assouplissement réglementaire, les consommateurs se retrouvent contraints d’utiliser des véhicules vieillissants, certains ayant déjà dépassé une décennie d’usage. Cette situation génère une frustration croissante, notamment au sein de la diaspora, qui voit dans ces mesures une barrière injustifiée.

Propositions alternatives : vers une vision stratégique

Malgré ces rejets, d’autres amendements, plus structurants, ont été discutés, certains adoptés. Ils dessinent une feuille de route stratégique pour répondre aux défis économiques et sociaux :   La suppression des hausses de taxe pouvant atteindre 275 % sur les véhicules d’occasion a été proposée pour rendre ces achats plus accessibles, une modification de l’évaluation des droits de douane a été suggérée. L’objectif ? Aligner les tarifs sur les prix pratiqués dans les pays d’origine des véhicules, évitant des comparaisons défavorables avec les standards européens.  Une exonération des droits de douane et de TVA pour les composants des tricycles motorisés destinés aux personnes à mobilité réduite a été intégrée, marquant une avancée sociale notable. L’absence de consensus sur certains amendements met en lumière des divergences entre les objectifs fiscaux de l’État et les attentes des citoyens. Si des ajustements comme la réduction de la taxe foncière sur les logements vacants ou l’allègement fiscal pour les commerçants ont été bien accueillis, le rejet des propositions concernant les véhicules d’occasion laisse un goût amer. Pour répondre aux défis du marché automobile, le gouvernement pouvait adopter une approche plus flexible et inclusive, prenant en compte : Les besoins des citoyens face à la cherté et à la pénurie, les opportunités offertes par la diaspora pour dynamiser le marché, les impératifs économiques et environnementaux liés à un parc automobile vieillissant. La question reste ouverte : comment concilier ces dimensions pour garantir un accès équitable au marché automobile tout en préservant les intérêts stratégiques du pays ? Les prochaines étapes seront décisives pour tracer une voie durable et inspirante.

 

Par Mohamed Tahar Aissani

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