Les entreprises espagnoles optimistes face à la relance du marché algérien

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À l’aube d’une nouvelle ère dans les relations commerciales algéro-espagnoles, un vent d’optimisme souffle sur les entreprises ibériques. Après une période tumultueuse marquée par des pertes économiques considérables durant ces deux dernières années, les sociétés espagnoles semblent déterminées à reconquérir le marché algérien.

Les acteurs économiques espagnols multiplient les initiatives et déploient des stratégies ambitieuses pour renouer avec ce partenaire historique au potentiel considérable.  En effet, parmi les entreprises concernées figurent Saica et Industrias Químicas del Ebro, deux entreprises aragonaises qui ont mis en place les mesures nécessaires pour reprendre leurs exportations vers l’Algérie. « La semaine dernière, précisément le 6 novembre, nous avons reçu des informations confirmant la reprise du commerce avec l’Algérie et que les banques algériennes rouvraient les paiements par prélèvement automatique pour les marchandises espagnoles », indique le groupe spécialisé dans le papier basé à Saragosse. « Cela nous permet de relancer le marché algérien, dont les ventes avaient chuté de 40 % depuis 2022, car nous avions dû réorienter nos exportations vers des produits fabriqués dans nos usines en France », précise-t-on chez Saica. « Désormais, nous rétablissons nos relations avec les compagnies maritimes et les ports de destination, qu’il s’agisse des exportations en provenance d’Espagne ou des marchandises en transit depuis la France », ajoutent-ils. « C’est une grande joie, mais aussi une surprise que le commerce avec l’Algérie soit de nouveau possible », déclare Ángel Rueda, directeur commercial d’IQE. N’ayant pas de sites de production en dehors de l’Espagne, cette entreprise avait vu son marché algérien se fermer brutalement. De plus, l’obligation imposée par l’Agence européenne des produits chimiques d’indiquer le pays d’origine des produits rendait impossible l’exportation de silicates alcalins depuis d’autres pays. IQE avait vendu pendant des années des silicates pour lessives en poudre, ainsi que pour des secteurs comme la céramique, la peinture et la construction, produits à Saragosse. « Ce marché représentait entre 2 et 3 % de notre chiffre d’affaires, soit environ 2 millions d’euros par an », explique Ángel Rueda. « Maintenant, nous allons devoir nous efforcer de reconquérir ce marché », souligne-t-il. « C’est une bonne nouvelle, et nous allons faire des efforts pour reconquérir ce marché, mais cela coûtera cher, car certains clients ont été perdus », affirme de manière plus critique Julio Lebrero, directeur de Acomhel Ingénierie Villanúa (Huesca), spécialisée dans les machines de travaux publics. « Nos administrations nous ont complètement oubliés, nous n’avons reçu aucun soutien, ni de l’Espagne ni de l’Europe », dénonce Lebrero. « Le marché s’ouvre à nouveau, mais pas grâce à Pedro Sánchez », ajoute-t-il. Acomhel, fabricant de compacteurs et de camions-citernes pour produits asphaltiques, qui travaille avec des ateliers auxiliaires, est l’une des entreprises ayant le plus souffert au cours des deux dernières années. En 2022, 90 % de son activité dépendait du marché algérien. Aujourd’hui, elle se tourne davantage vers le marché espagnol et d’autres pays européens. En 2019, les exportations d’Aragon vers l’Algérie s’élevaient à 131 millions d’euros. Ce chiffre est tombé à 90 millions en 2020, a augmenté à 119 millions en 2021, puis a chuté à 54 millions en 2022 pour atteindre zéro en 2023.

Par Kheireddine Boukhalfa

 

 

 

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