Dans un contexte où les zones rurales peinent encore à bénéficier des infrastructures de base, les habitants du village El Hammam Riahan, relevant de la commune de Kerkera, tirent la sonnette d’alarme. Depuis 2012, année où les premières autorisations de construire pour des logements ruraux ont été accordées, les résidents dénoncent un accès inexistant à des services essentiels tels que l’électricité, l’eau potable, et surtout des routes carrossables. Selon le message des résidents, bien que plusieurs réclamations aient été déposées auprès des autorités, notamment dans le cadre du registre des doléances (registre 105), aucune mesure concrète n’a été prise pour ouvrir le chemin menant aux habitations. Ce chemin est vital pour la vie quotidienne des familles qui y résident, mais reste fermé, entravant non seulement leur mobilité mais aussi leur accès à des services de base. « Comment peut-on délivrer des permis de construire sans prévoir d’infrastructures minimales ? » s’interrogent les habitants, fatigués par des années d’attente et de promesses non tenues. Cette situation met en lumière une gestion administrative souvent pointée du doigt dans les zones rurales, où les décisions semblent rester au stade théorique.
Une question de droits fondamentaux
Pour les habitants, l’ouverture de cette route n’est pas un luxe mais un droit fondamental. Ils appellent à une enquête approfondie sur les raisons de ce blocage administratif et sur l’incohérence de délivrer des permis de construire sans garantir les conditions nécessaires au développement d’une vie décente. Cette problématique illustre une fois de plus les défis auxquels font face les citoyens des zones rurales en Algérie, où le manque d’infrastructures contribue à l’exode vers les centres urbains. Pourtant, le logement rural, souvent soutenu par des politiques publiques, est censé renforcer la sédentarisation et le développement local. L’absence de suivi dans sa mise en œuvre risque d’anéantir cet objectif. Face à ce cri du cœur, il est impératif que les autorités locales et régionales, ainsi que les services concernés, prennent leurs responsabilités. L’ouverture de ce chemin ne relève pas seulement d’une décision administrative, mais d’une réponse à des besoins humains essentiels. Une intervention rapide est nécessaire pour réparer cette injustice et permettre aux résidents de mener une vie digne. Les habitants de Riahan ne demandent pas l’impossible : ils réclament simplement que leurs droits les plus élémentaires soient respectés. Il appartient désormais aux autorités compétentes de montrer que les engagements pris sur papier peuvent se traduire par des actions concrètes sur le terrain.
Par Mohamed Tahar Aissani
