Boualem Sansal a été arrêté à sa descente d’avion à Alger jeudi dernier, l’information a été confirmée vendredi par l’APS. Les motifs de son arrestation n’ont pas été révélés. On sait qu’ils sont multiples et même solides contrairement à ce que pensent certains courants politiques français qui estiment que l’Elysée doit exiger la libération de ce franco-algérien. Une exigence qui ne repose sur aucune convention entre les deux pays.
Les autorités algériennes ont pleinement le droit de procéder à l’arrestation d’un de ses ressortissants et citoyens partout sur le territoire national. Boualem Sansal est un citoyen algérien puisqu’il est de nationalité algérienne. Ce dernier a certes obtenu la nationalité française lorsqu’il s’est installé en France mais cela ne fait pas de lui un citoyen français en Algérie. Boualem Sansal devra donc répondre à la justice algérienne qui lui reproche un acte de trahison envers son propre pays d’origine. En effet Boualem Sansal a franchi la ligne rouge dans une de ses interventions toujours largement médiatisées car on sait que cet écrivain ne cesse de critiquer l’Algérie. Ce ne sont pas les critiques acerbes contre le pouvoir algérien ou la démonstration de haine qu’il fait régulièrement et sans aucune nuance contre les islamistes qui gênent l’Algérie qui a d’ailleurs reconnu à Sansal le droit de s’exprimer contre la politique menée dans son propre pays d’origine et cela remonte assez loin. A-t-il pour autant été inquiété ? La réponse est non ! Mais lorsque cet algérien d’origine devenu français par complaisance politique affirme qu’il n’y a jamais eu de nation algérienne ou qu’une partie des territoires algériens jouxtant le Maroc a toujours été marocaine, de telles déclarations représentent juridiquement et incontestablement un acte de haute trahison. Ce sont donc des motifs très plausibles d’élaboration d’un acte d’accusation auquel devra répondre Boualem Sansal et ce n’est pas la France qui empêchera la justice algérienne de présenter le prévenu Boualem Sansal devant un tribunal algérien. Il reste à définir la nature de la cour qui devra juger ce qu’il est convenu d’appeler un renégat. Quant à la France sa patrie d’adoption ce qu’elle pourra faire c’est de se constituer partie civile, elle en a parfaitement le droit mais aussi de payer une armée d’avocats pour assurer la défense du prévenu. En fait l’Elysée sait que l’Algérie n’est pas le Maroc qui obéit toujours à ses pressions. Le président français connait très bien la mentalité algérienne pour l’avoir à maintes fois éprouvée. Il sait que du point de vue du droit il ne pourra strictement rien faire. L’Elysée a certes le droit de faire dans la dénonciation mais cela n’ira pas plus loin. Quant à cette extrême droite ou droite conservatrice qui s’agite pour soutenir cet homme qui a renié ses origines et son passé sa réaction est puérile du genre « les chiens aboient- et la caravane passe » Que représentent dans l’opinion française Eric Zemmour ce juif d’origine algérienne ou ce Dupont Aignan ? Rien ou si peu. Quel crédit peut –on accorder à un renégat de la trempe de Mohamed Sifaoui qui est souvent invité sur les plateaux télé par des chaines anti algérienne du genre LCI ou Tahar Benjelloun ce marocain qui ne cesse de baiser la main de Mohamed Six pour gagner ses bonnes grâces ? Et tous ces autres intervenants comme Jack Lang ou Bernard Henri Lévi qui n’ont jamais eu l’Algérie au cœur. Est-ce que tout ce monde hétéroclite de par sa composition parviendra-t-il à faire changer la position de l’Algérie sur son appréciation de l’acte de trahison ? Certainement pas. Boualem Sansal sera présenté à la justice de son pays et il devra répondre à toutes les accusations qui lui seront notifiées. Point barre !
