La chasse gardée Algérie c’est du passé depuis l’arrivée d’Abdelmadjid Tebboune au pouvoir dont la stratégie de diversification des partenariats a fini par déclasser la France qui fut pendant des décennies le premier partenaire économique de l’Algérie. C’est la Chine qui est en tête de classement, suivie de la Turquie, des Etats –Unis, de l’Italie, de la Corée du sud et de l’Espagne. La France est à la sixième place.
Si cette tendance s’accentue d’autres pays feront décaler la France à un rang qu’elle n’aurait jamais pu atteindre en un temps aussi court. Cette cinquième puissance économique mondiale qui perdra probablement ce rang au vu des difficultés budgétaires qu’elle rencontre actuellement et qui feront fuir les investisseurs sur lesquels la France comptait, faisant monter les risques financiers dont ce pays se débat, craignant une hausse vraisemblable du taux d’intérêt qui était de zéro à presque 3% de son PIB. La France a aujourd’hui 3, 5 mille milliards de dette publique. C’est énorme! Comment dans ce cas ce pays espère regagner la place qu’il avait avant et espérer, ne pas perdre, un à un, ses partenaires économiques traditionnels. L’Algérie en faisait partie même au cours de la moitié du premier mandat du président Tebboune. Ce dernier en recevant le président français dans une atmosphère très amicale a conseillé à son homologue français d’inciter les entreprises françaises à venir investir en Algérie et ce dans tous les domaines Il lui fit comprendre en même temps que l’Algérie est pressée d’accélérer son développement en un temps record. Ajoutant que si la France voulait maintenir sa place d’un partenaire exceptionnel c’était le moment. Macron, regagnant Paris, a passé le message aux grandes entreprises françaises et leur signifia ce que l’Algérie attendait d’elles. Peine perdue ! Ces ‘entreprises grandes ou moyennes gardent leur préférence au Maroc où ils interviennent souverainement et sans que ce pays leur demande des comptes. Ils savent bien qu’en Algérie ce ne sera pas pareil malgré toutes les garanties accordées par le nouveau code des investissements que le pays a adopté sous l’impulsion de son président. On en resta donc là et le président Tebboune s’en lava pour ainsi dire les mains selon l’expression du gouverneur romain de Judée Ponce Pilate à propos de la condamnation du christ dont il proposa le choix aux juifs de le libérer ou de le condamner à subir le supplice de la croix. Les juifs unanimement firent alors le choix de faire crucifier Jésus. En fait le président algérien en laissant le choix à la France soit de se reprendre et de redevenir le premier partenaire économique de l’Algérie soit de continuer à faire la sourde oreille, tout en continuant à espérer que les choses en resteront à l’état. La France choisit la seconde option. Elle en paie aujourd’hui le prix. Ce pays se rend compte mais trop tard que ces pays nouveaux et leurs entreprises qui se sont impliqués en Algérie ont signé des contrats juteux pour eux comme pour le pays dans lequel ils vont investir. C’est ainsi que dans le domaine des mines et du bâtiment la Chine emporte des marchés haut la main. Les investisseurs turcs mais aussi qataris ont investi dans la sidérurgie et leurs calculs se sont avérés justes et profitables. Aujourd’hui l’Algérie exporte des métaux ferreux aux Etats –Unis et bientôt des tôles d’acier. Les entreprises turques ont également investi dans le textile et la manufacture. 10 milliards d’investissement dans ce domaine. Les Etats –Unis, contrairement à la France ont préféré l’Algérie dans le domaine de l’investissement dans l’extraction du gaz naturel. Les grands groupes américains sont présents dans le Sahara algérien, à coté d’eux le français Total Energie fait piètre figure. Enfin dans un domaine que la France a négligé, préférant le Maroc, celui de la construction automobile, les italiens, les chinois, les sud coréens et bien sûr les chinois ne se font pas prier et ils ont déjà dégagé des capitaux importants. Enfin et là la France va s’en mordre les doigts les investissements dans le domaine agricole affluent de manière exponentielle impliquant des investisseurs italiens, qataris et saoudiens. Dans deux ans l’Algérie n’achètera plus de produits agricoles à la France à commencer par le blé. Quelle perte et surtout quelle imprévoyance de la part d’un pays qui n’a jamais su choisir qui étaient vraiment ses amis et l’Algérie ne faisait pas partie de ses amis sur lesquels il n’y a plus aucun avantage à tirer.
