L’Algérie face à un défi migratoire croissant : Un expert plaide pour une régulation stricte

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L’Algérie, pays traditionnellement considéré comme un carrefour migratoire, se trouve aujourd’hui face à un phénomène migratoire croissant qui soulève des enjeux sécuritaires, sociaux et économiques.

L’analyste des questions migratoires et expert en géopolitique, Hacen Kacimi, a alerté, lors d’une intervention sur Ennahar TV, sur les défis complexes que pose cette situation, en insistant sur la nécessité d’adopter un cadre juridique adapté pour gérer la migration de manière plus efficace et sécurisée. En effet, depuis plusieurs années, l’Algérie a observé une augmentation significative du nombre de migrants irréguliers sur son territoire. Kacimi a souligné que, selon les données de la commission nationale intersectorielle de sécurité, entre 2015 et 2019, près de 230.000 migrants subsahariens ont été reconduits vers leurs pays d’origine. Actuellement, le pays serait confronté à une arrivée annuelle d’entre 40.000 et 50.000 migrants irréguliers, un phénomène qui s’est intensifié ces dernières années, avec des estimations récentes portant ce chiffre à 30.000-35.000 migrants. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans un contexte marqué par des  dynamiques géopolitiques complexes, avec l’implication de puissances étrangères dans des régions comme le Mali et la Libye, créant un terreau fertile pour les réseaux de migration clandestine. Kacimi met ainsi en lumière le risque que cette situation ne se transforme en un problème d’envergure, notamment avec l’impact de ces migrations sur les wilayas les plus riches en ressources naturelles, où des tensions pourraient émerger à long terme, avec des revendications de plus en plus fortes de la part des migrants installés. Ces tensions pourraient déboucher sur des demandes d’autonomie, exacerbées par une gestion inadaptée du phénomène migratoire. Face à cette menace croissante, l’expert préconise une régulation plus stricte de l’immigration en Algérie. Selon lui, l’État doit établir des mécanismes législatifs robustes pour mieux contrôler l’entrée des migrants, tout en renforçant la gestion de l’immigration irrégulière à travers un office national dédié à la lutte contre l’immigration clandestine. Une telle structure permettrait de centraliser les efforts de régulation à l’échelle des wilayas, où la pression migratoire est particulièrement forte. Cette approche serait également en ligne avec les engagements internationaux de l’Algérie, comme la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale, signée à Palerme en 2000, qui appelle à une meilleure coopération entre les États pour lutter contre les flux migratoires illicites. De plus, Kacimi souligne l’importance d’une régulation plus stricte concernant les travailleurs migrants, notamment dans le secteur privé. Les entreprises étrangères opérant en Algérie doivent être tenues de respecter des lois rigoureuses permettant d’identifier les migrants et de garantir qu’ils travaillent dans des conditions légales. Cela permettrait non seulement de mieux contrôler le marché du travail, mais aussi de protéger les migrants des abus et des situations de précarité. En résumé, l’Algérie doit faire face à des défis migratoires de plus en plus pressants, nécessitant une approche coordonnée et une réglementation adaptée. La mise en place d’une structure dédiée à la gestion de l’immigration clandestine, ainsi que l’adoption de lois strictes pour encadrer l’emploi des migrants, sont des mesures essentielles pour maîtriser ce phénomène et éviter qu’il ne devienne une source de déstabilisation pour le pays.

Par Kheireddine Boukhalfa

 

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