Stéphane Romanet, ambassadeur de France en Algérie a été convoqué hier au ministère des affaires étrangères. Le motif de cette convocation est le suivant : « Ferme réprobation des plus hautes autorités algériennes face aux provocations répétées et actes hostiles de la France envers l’Algérie. De tels agissements ne resteront pas sans conséquences »
L’Algérie a jusqu’ici fait preuve d’une grande retenue face à ce harcèlement continu non seulement d’une partie de la classe politique connue pour sa haine et son ressentiment envers l’Algérie, les Algériens et jusqu’aux franco-algériens dont le nombre avoisine les cinq millions. Par contre lorsque le sommet est impliqué, cela change tout. Ce sommet fait partie de l’exécutif et particulièrement du ministère de l’intérieur. Il se trouve que la DGSE (Direction générale de la sureté extérieure) l’équivalent de la CIA américaine et du MI 6 britannique est impliquée dans une affaire d’espionnage dont le mobile est sordide. Dernièrement un documentaire diffusé sur la chaine publique AL 24 dont nous avons publié des extraits commentés en page 24 de notre journal a fait état d’une affaire que nous pouvons qualifier d’espionnage. En effet un individu répondant au nom d’Aissaoui est au centre de cette affaire qui n’a pas encore révélé ses tenants et aboutissants. Une chose est sure cet ancien djihadiste franco -algérien né en France avait combattu en Syrie au sein de la pire organisation terroriste que le monde ait connu, à savoir Daesch ou EI (Etat islamique). Il était réfugié en Turquie. Les autorités de ce pays ont communiqué son nom à l’ambassade de France, laquelle transmit l’information à la DGSE. C’est alors qu’intervient un certain Jean Gilles Bouyard qui prit le dossier en mains. Ce même Jean Gilles Bouyard dirige, semble t-il, une organisation secrète répondant au nom d’Artémis, spécialisée dans la manipulation et le retournement d’individus au passé trouble en quête d’une solution. C’est alors qu’il rencontra cet ancien djihadiste et lui proposa d’effacer tout ce que la France lui reproche susceptible d’une très longue peine de prison contre l’acceptation de ce que le service qu’il dirige lui propose , à savoir rejoindre l’Espagne où sa femme et ses enfants résident et où ils sont en étroite surveillance..
De quelle offre s’agit –il ?
Il lui demande d’infiltrer les milieux islamistes algériens, entendre par là ceux qui sont légaux, d’écouter ce qu’ils disent et ce qu’ils pensent à propos de la France et de fournir également toute information jugée utile sur les infrastructures policières ou celles relevant des services de renseignements algériens. Pour y arriver l’ex djihadiste réfugié en Turquie doit avant tout contacter l’ambassade d’Algérie en Turquie et lui demander un rapatriement. Ce qu’il fit mais bien sur on lui refusa immédiatement une telle demande. Devant cette impasse Aissaoui, acculé, demanda à voir un agent des renseignements algériens car insista t-il il a des choses importantes à confier aux services de sécurité algériens concernant une affaire qui concerne l’Algérie. L’information est aussitôt transmise à Alger. On écouta l’ex djihadiste et on transmit à Alger tout ce qu’il a révélé. Alger propose alors à ce présumé infiltré de la DGSE d’accepter le deal conclu avec le français et devenir ainsi un agent double comme on le dit dans le jargon des espions. C’est ainsi que les services de renseignements algériens surent que les services français à travers des organisations semblables à cette d’Artémis n’hésitent pas à recruter des personnes au passé trouble ou ayant de faibles chances à construire leur vie pour devenir leur yeux et leurs oreilles dans cette Algérie que la France n’a jamais pu apprivoiser. Cette convocation de l’ambassadeur de France jettera encore un froid entre les deux pays. Il y a désormais un fossé dans les relations entre l’Algérie et la France. Cet épisode ajouté à celui de la pression tout à fait injustifiée pour libérer un citoyen algérien arrêté sur le sol algérien sous le prétexte fallacieux qu’il est français a pris la forme d’une attaque sournoise contre l’Algérie. La réponse que fera le ministère algérien des affaires étrangères à l’ambassadeur de France en Algérie sera ferme et susceptible d’atteindre un niveau où la France devra s’expliquer, faute de quoi son image qui est déjà brouillée sera davantage ternie aux yeux de l’opinion publique internationale.