Politique extérieure de l’Algérie : Le juste milieu et rien d’autre

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La géopolitique vue d’Alger s’est adaptée au fil du temps. Sans renier ses principes se voulant immuables l’Algérie, considérant la nouvelle conjoncture internationale qui n’est plus du tout la même qu’il y a dix ans a remodelé sa façon de voir le monde, qui n’est plus celui du siècle précédent lequel présentait un certain équilibre. Aujourd’hui le rapport des forces est omniprésent et cela change forcément la donne.

L’ONU n’a plus aucun pouvoir de dissuasion. On le remarque chaque jour. L’exemple de l’arrogance d’Israël qui insulte sans vergogne tout pays qui l’interpelle et dont le premier ministre est accusé par la plus haute cour internationale de crime contre l’humanité, de génocide et même de nettoyage ethnique, selon les derniers rapports d’Humann Right et de MSF. Ce chef de gouvernement d’un pays représenté à l’ONU  qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international  continue envers et contre tout de narguer l’ONU et les plus de 190 pays qui sont représentés au sein de cette organisation. Quand un pays comme les Etats–Unis appuie sans réserve tout ce que fait ce cancer sioniste au sein du monde arabe  car disposant du fameux véto alors on est en droit de dire «A quoi sert l’ONU». Pourtant des pays comme l’Algérie croient encore au miracle onusien mais fondamentalement  notre pays et ceux qui adoptent la même ligne de conduite, à l’instar de l’Afrique du sud, ne se font plus guère d’illusion même si dans leurs interventions au sein de l’arène internationale que leur offre le palais de verre de New York ils savent que leurs voix ne sont plus aussi déterminantes qu’elles ne l’étaient dans un passé récent. Néanmoins ils continuent quand même à agir selon la conscience universelle comme c’est le cas de l’Algérie qui dispose d’un siège de membre non permanent au Conseil de sécurté, cette instance décisionnelle de l’organisation mondiale et qui gêne souvent trois membres de ce conseil (Les USA, le Royaume Uni et la France)  par ses interventions judicieuses et justifiées car reposant sur les règles de fonctionnement du droit international. L’Etat algérien dès sa proclamation en tant que tel en 1962 par l’ONU  a juré fidélité à cette instance mondiale et cette loyauté reste toujours en vigueur malgré les circonstances tragiques qui ont fait irruption en ce premier siècle du troisième millénaire. Les guerres se sont multipliées à travers le monde. Certaines d’entre elles prennent une dimension dangereuse, d’autres restent localisées mais représentent de lentes poudrières qui risquent d’exploser à tout instant.  L’Algérie, tout en continuant de plaider pour les causes qu’elle estime justes reconnait toutefois qu’il faut maintenir une certaine réserve. Ce point de vue se trouve justement amplement justifié avec ce qui vient de se produire en Syrie où un régime dictatorial qui a duré plus de 50 ans et auquel on croyait qu’il avait encore de belles années devant lui a soudainement été effacé en l’espace à peine de trois semaines, mettant dans un embarras certain ceux qui faisaient  la leur une telle analyse. Il se trouve que l’Algérie faisait partie de ces pays. Aujourd’hui  notre pays a compris la leçon, celle de ne plus parier sur des certitudes qui ne le sont plus. Cela s’est déjà vu en Libye alors gouvernée par Kadhafi dont le régime avait été balayé en un temps record, laissant un pays plus divisé que jamais et soumis aux influences étrangères. L’Etat algérien qui préfère désormais s’occuper du développement du pays pour lui faire atteindre l’émergence  a pris la résolution de rester neutre, adoptant de la sorte une politique de prudence calculée car tout en maintenant ses principes fondamentaux de soutien à toutes les causes justes la politique étrangère qui est en train de se mettre en place ne sera plus tranchante comme elle le fut au siècle dernier ou même au début du nouveau siècle. Ce qui prime désormais pour l’Algérie dans ce contexte brouillé par des provocations tous azimuts c’est la stabilité intérieure garantie par une vigilance accrue tournée vers l’extérieur, laquelle exige une puissance militaire orientée vers un système performant de défense du territoire, de son espace aérien et maritime. Quant à la diplomatie de cette nouvelle Algérie elle s’affirme  quant à elle bienveillante, en bien des égards,  envers tout pays qui ne manifeste pas d’hostilité ou d’arrière pensée envers le notre et cela quelle que soit la position adoptée par celui-ci. Non ingérence, neutralité mais sans renonciation aux principes, c’est la nouvelle devise.

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