Dans un contexte mondial marqué par des tensions sur le marché des céréales, l’Algérie intensifie sa stratégie d’approvisionnement en blé. Une démarche qui s’illustre par un récent achat massif : selon l’agence Reuters, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) vient d’acquérir plus d’un million de tonnes de blé meunier sur le marché international.
Cette opération d’envergure intervient alors que les prévisions mondiales annoncent une baisse significative de la production céréalière, poussant les pays importateurs à sécuriser leurs approvisionnements.En effet, le cabinet français spécialisé dans les stratégies des marchés agricoles et agro-industriels, Agritel, a confirmé que des chargements de blé à destination de l’Algérie sont programmés pour la période de février à mars. Selon cette source, bien que les origines des cargaisons restent optionnelles à ce stade, les niveaux de prix actuels mettent en lumière l’attractivité des blés issus de la région de la mer Noire.Les importations algériennes de blé, dans un contexte de conflits persistants et de baisse de la production mondiale, ont influencé les cours internationaux. En effet, le marché d’Euronext a enregistré un rebond des prix à la clôture vendredi dernier, répercutant les fluctuations observées sur le marché nord-américain. Ces achats massifs visent à répondre aux besoins croissants de l’Algérie en céréales, en attendant les résultats de la prochaine campagne de récolte. Parallèlement, la réouverture du marché de Chicago après les festivités de Noël a été marquée par une forte activité, notamment sur les céréales et les oléagineux. Les fonds spéculatifs se sont repositionnés massivement sur des produits tels que le maïs, le soja et, dans une moindre mesure, le blé. Dans le meme sillage, et selon des négociants européens, l’Algérie a lancé un appel d’offres pour l’acquisition de 50.000 tonnes de blé meunier de diverses origines, avec des expéditions prévues entre février et mars 2025. En cas de provenance sud-américaine ou australienne, la date des expéditions pourrait être avancée d’un mois. Pour rappel, les besoins annuels de l’Algérie en céréales s’élèvent à environ 9 millions de tonnes. Tandis que les importations de blé tendre se maintiennent, celles de blé dur connaissent une baisse significative, l’objectif étant d’atteindre l’autosuffisance d’ici 2025. Pour ce faire, l’Algérie investit dans la construction de silos capables de stocker au moins 9 millions de tonnes, un projet stratégique pour sécuriser ses approvisionnements et prévenir les pénuries, particulièrement après les perturbations causées par la pandémie de Covid-19 et le conflit russo-ukrainien. Il est à noter que la production mondiale de céréales demeure sous pression. Selon la FAO, les stocks mondiaux de céréales devraient s’établir à 874 millions de tonnes à la fin de la saison 2025, marquant une baisse notable par rapport aux années précédentes. En Russie, premier exportateur mondial de blé, les récoltes ont diminué de 13 % en 2024 par rapport à l’année précédente, atteignant 82 millions de tonnes. D’autres grands producteurs, comme le Brésil et l’Argentine, ont également subi des pertes importantes en raison des conditions climatiques extrêmes.
Par Kheireddine Boukhalfa
